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La Turquie, ennemie d'Internet?

Reporters Without Borders

Lire en turc / Türkçe

Le forum sur la gouvernance de l'Internet (IGF) se tiendra du 2 au 5 septembre 2014 à Istanbul. Reporters sans frontières sera présente pour dénoncer l'aggravation de la situation de la liberté de l'information en Turquie et rappeler que son respect doit être au coeur de tout modèle de gouvernance d'Internet.

Après l'Azerbaïdjan en 2012, 160ème pays sur 180 au Classement mondial 2014 de la liberté de la presse de Reporters sans frontières, puis l'Indonésie (132ème) en 2013, c'est au tour de la Turquie, (154ème), d'accueillir le Forum sur la gouvernance de l'Internet (IGF).

Créé en 2005 et placé sous l'égide de l'ONU, l'IGF est un espace neutre où les Etats, les entreprises et la société civile discutent des mécanismes de la gouvernance d'Internet. La mission de l'IGF telle que définie dans le paragraphe 72 de l'agenda de Tunis est d'"identifier les problèmes émergents, les porter à l'attention des organes concernés et du grand public, et lorsque cela s'avère nécessaire, faire des recommandations".

Reporters sans frontières souhaite que, conformément au mandat du forum, les assauts liberticides des autorités turques à l'encontre d'Internet soient évoqués à l'occasion de l'IGF d'Istanbul. Le 4 septembre, Reporters sans frontières organisera sur place une conférence de presse avec Amnesty International, Human Rights Watch, l'Association turque des Journalistes (TGC) et l'Association pour une informatique alternative (Alternatif Bilisim Dernegi) afin de mettre à l'agenda de l'IGF l'inquiétante dégradation de la liberté de l'information en Turquie. L'Association pour une informatique alternative organise également un forum parallèle, l'Internet Ungovernance Forum, auquel RSF prendra part.

L'autoritarisme de Recep Tayyip Erdogan, Premier ministre pendant onze ans, puis élu Président de la République le 10 août 2014, est de plus en plus critiqué au sein de la société turque. L'ampleur du mouvement de contestation antigouvernementale 'Occupy Gezi' constitue un symptôme éloquent du ras le bol de la société civile face à un pouvoir de plus en plus crispé.

Discutée dès décembre 2013 puis adoptée en février 2014, la réforme de la loi 5651 sur Internet a renforcé les pouvoirs de la Haute instance des télécommunications, la TIB, autorisant celle-ci à bloquer de manière 'préventive' des sites internet sur la base de motifs aussi flous que la présence de contenus « discriminatoires ou insultants à l'égard de certains membres de la société ». Les services de renseignement turcs (MIT) ont également vu leurs pouvoirs élargis avec une loi obligeant toute personne publique ou morale, médias compris, à leur fournir toute donnée requise, sur simple demande, piétinant au passage la protection des sources des journalistes. Enfin, les discussions entre les autorités turques et les sociétés américaine et suédoise Procera Network et NetClean, pour l'acquisition de logiciels de surveillance du réseau, constituent un motif d'inquiétude supplémentaire.

En mars 2014, à la veille des élections municipales, la Turquie a rejoint le cercle restreint des pays à avoir bloqué durablement Twitter et YouTube, aux côtés d'Etats aussi répressifs que la Chine, l'Iran, le Vietnam, le Pakistan, la Corée du Nord, ou l'Erythrée... Reporters sans frontières rappelle que le rapport de 2011 du rapporteur spécial pour la liberté d'expression, Franck La Rue, reconnait l'accès à Internet comme un droit fondamental.

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