RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

PROFIL

Eren Keskin

Pendant plus de 30 ans, Eren Keskin, avocate et défenseur des droits des femmes et des minorités, a été la cible de nombreux procès, a été emprisonnée, a vécu sous les menaces et par deux fois, été victime de tentatives de meurtre.

Eren Keskin avec le certificat du "Prix Aachen de la paix" à Aachen en Allemagne, le 1er septembre 2004. AP Photo/Hermann J. Knippertz

En réponse à l'enquête disciplinaire du Barreau d'Istanbul dont elle était la cible en 2008, Eren Keskin a déclaré :

Pendant plus de 30 ans, Eren Keskin, avocate et défenseur des droits des femmes et des minorités, a été la cible de nombreux procès, a été emprisonnée, a vécu sous les menaces et par deux fois, été victime de tentatives de meurtre.

Pendant plus de 30 ans, Eren Keskin, avocate et défenseur des droits des femmes et des minorités, a été la cible de nombreux procès, a été emprisonnée, a vécu sous les menaces et par deux fois, été victime de tentatives de meurtre. Sans relâche, elle continue de mener campagne avec ferveur sous la menace d'une possible peine de prison de 10 mois.

Eren Keskin est la co-fondatrice du Projet d'Aide Juridique pour les Femmes Victimes de Violences Sexuelles en Prison et fut pendant longtemps une des membres responsables de Human Rights Association (HRA) en Turquie. Son travail de dénonciation des violations des droits de l'homme perpétrées par les forces armées turques et la police a souvent impliqué sa mise en danger. En 1994, alors présidente du bureau d'Istanbul de la HRA, on lui tire dessus. Par chance, elle n'est pas blessée. En 2001, un homme entre dans son bureau et lui dire dessus. Il fut arrêté, mais libéré après seulement six mois. Les menaces à son encontre perdurent encore aujourd'hui.

Son soutien constant et affiché pour les femmes et les minorités a également mené Eren pendant des années devant les tribunaux pour des accusations très diverses : entre "insultes à l'État Turc" pour avoir suggéré que les forces armées soient responsables de violences sexuelles dans le sud-est du Kurdistan et “incitation à la haine” pour avoir utilisé le nom "Kurdistan" dans ses discours. La plupart du temps, ses procès se sont terminés par des acquittements, des peines avec sursis ou des amendes. Cependant, en 1995, elle passe plusieurs mois en prison pour "incitation au séparatisme" pour un article demandant un cessez-le-feu entre le PKK et les forces gouvernementales. En 2002, elle a également reçu l'interdiction de pratiquer le droit pendant un an.

Dans une interview pour l'IFEX en mars 2014, Keskin déclarait être accusée de dix chefs d'accusation, impliquant notamment le controversé Article 301 du Code pénal concernant l'insulte à l'État et ses institutions. Elle expliquait alors, "Si vous parlez du viol d'une femme ou d'un enfant par un policier, cela est considéré comme une insulte à l'État parce que c'est un agent de l'État, cela implique que vous insultez l'État en général." Keskin disait alors qu'elle recevait encore des menaces, bien que dans une moindre mesure que par le passé, mais qu'elle ne les dénonçait pas, "Parce qu'on doit se concentrer sur les problèmes des autres, pas sur ses propres problèmes. Notre travail doit être pour les autres plus que pour soi-même".

En décembre 2014, Keskin est condamnée à dix mois de prison en vertu de l'Article 301 pour insulte à l'État pour avoir déclaré dans un discours en 2005 "La Turquie a un lourd passé". Elle faisait référence à la mort d'un garçon de 12 ans tué, tout comme son père, par la police au cours d'une opération contre le PKK en 2004, ce qu'elle a décrit comme une longue histoire d'oppression violente par l'État Turc revenant au génocide Arménien de 1915. Les policiers impliqués dans les meurtres furent finalement acquittés. Cette décision de justice a généré un tollé parmi les activistes Kurdes. Une cour d'appel réétudie la peine de Keskin. Cependant, il est peu probable que la décision soit annulée puisque le verdict faisait référence à sa "détermination à répéter le crime", une référence à de précédentes poursuites judiciaires pour des faits similaires. Elle estime également que son action en tant que défenseur des droits de l'homme est un autre facteur.

En mars 2016, Keskin a reçu une interdiction de voyager en vertu de la législation anti-terroriste pour une photo publiée dans Özgür Gündem, un journal qui couvre les questions kurdes et qui a été soumis, pendant de nombreuses années, à des fermetures et à un harcèlement judiciaire. Keskin est rédactrice en chef adjoint du journal.

Keskin a reçu l'ordonnance d'interdiction d'un tribunal d'Istanbul le 23 mars 2016, quand il lui a été dit qu'elle serait "maintenue sous contrôle judiciaire au moyen d'une interdiction de voyage international" en vertu de l'article 7/1 de la loi anti-terreur. Elle est accusée de faire la "propagande pour le terrorisme". Il y a plusieurs affaires judiciaires contre Özgür Gündem et l'interdiction de voyage de Keskin a été probablement décidée aussi longtemps que le journal est devant les tribunaux. Dans un communiqué, le bureau d'Istanbul de l'Association des Droits Humains, dont Keskin est vice-présidente, l'a décrite comme "une formidable défenseure des victimes et la balise des procès en discrimination" ajoutant qu' "elle a aussi représenté la lutte pour les droits humains en général, et contre le racisme et la discrimination en Turquie en particulier, auprès des institutions internationales à l'étranger".

Eren Keskin a reçu le prix Aachen de la paix en 2004, puis le Prix Theodor Haecken en 2005. En novembre 2013, Eren Keskin est apparue dans campagne de la Journée Internationale contre l'Impunité.

Dernière mise à jour: 2 août 2017

Les autres visages de la liberté d'expression

Dernier Tweet :

Juez paraguayo libera a narcotraficante que había planeado asesinar a periodista https://t.co/tn3ZPMRVmt… https://t.co/kqsaKaBAKD