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Les accords commerciaux de l'UE ne tiennent aucun compte de la répression des médias

Pays riche en gaz, le Turkménistan utilise ce levier pour négocier des ententes commerciales préférentielles avec l'Union européenne. En même temps qu'il charme la communauté internationale avec la promesse de nouveaux gazoducs, il entretient une culture de la peur par l'absence de toute critique du gouvernement dans les médias, selon ce que rapportent Human Rights Watch et Reporters sans frontières (RSF). Le régime refuse en outre de laisser les journalistes se rendre à l'étranger, dit RSF.

Le 27 juillet, des ministres de l'UE ont conclu une entente commerciale qui promet des relations plus étendues avec le Turkménistan, ignorant totalement la répression des médias et la situation désastreuse de la liberté de la presse dans le pays, indique Human Rights Watch.

D'après RSF, le Turkménistan tente de diversifier et d'améliorer son image de marque internationale. Le président Gurbanguly Berdymukhamedov tend la main à ses voisins, renouvelant le 13 septembre ses liens avec le président de la Russie, Dimitri Medvedev, et rencontrant le président de l'Ukraine Viktor Youchtchenko. Dans un discours prononcé le 12 septembre, le président Berdymukhamedov a lancé un appel à des partenaires potentiels, et a mis l'accent sur la possibilité de plusieurs projets de gazoducs.

« Le successeur de Turkmenbashi préparait cette offensive diplomatique depuis quelque temps, dit RSF, mais on ne devrait pas entretenir l'espoir d'un changement de ton de la part de ce gouvernement. » « Le régime turkmène espère courtiser la communauté internationale par une nouvelle approche. » RSF classe le pays au 171e rang sur 173 pays dans son Indice de la liberté de la presse.

La correspondante de Radio Free Europe/Radio Liberty au Turkménistan, Ogulsapar Mouradova, a été battue à mort par des gardiens de prison il y a trois ans, le 12 septembre 2006, rapporte RSF. Deux autres journalistes reconnus coupables en même temps que Mouradova sont toujours détenus. Il s'agit de Sapardurdy Khadjiyev et d'Annakurban Amanklychev. Ils ont été condamnés en août 2006 à six et sept ans de prison respectivement, sur la base de l'accusation bidon de « possession de munitions illégales », après avoir contribué à la rédaction d'un rapport sur le Turkménistan pour la station de télévision « France 2 ». Cette affaire fait en sorte que les journalistes locaux déclinent toute invitation à travailler pour des médias d'information étrangers.

Les cafés Internet sont permis, mais l'accès aux sites web d'opposition est bloqué, les courriels sont surveillés et la consultation de sites web alternatifs peut s'avérer très dangereuse, dit RSF.

« La sécurité énergétique et la liberté de la presse ne sont pas des objectifs incompatibles », fait valoir Human Rights Watch. « L'UE devrait utiliser l'amélioration des relations avec le Turkménistan comme une occasion pour faire progresser des changements positifs. »

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