RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

À la veille des élections, les autorités s'en prennent aux médias

Des journalistes du « Independent » ont été détenus le 28 août pour avoir publié cette caricature du président de l'Ouganda
Des journalistes du « Independent » ont été détenus le 28 août pour avoir publié cette caricature du président de l'Ouganda

The Independent

Tandis que les tensions s'accumulent à l'approche des élections générales de 2011 en Ouganda, il en va de même des accusations et des poursuites contre les journalistes, disent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et les groupes locaux de défense des droits. Quatre journalistes du « Monitor », le plus important journal indépendant d'Ouganda, font face à des poursuites criminelles, tandis que trois autres journalistes indépendants sont accusés de sédition, rapporte le CPJ.

En août, le président Yoweri Museveni « a mis les radiodiffuseurs privés en garde de ne pas inciter au mécontentement public contre le gouvernement », dit le CPJ. On s'attend à ce qu'il tente de se faire réélire.

Dans la capitale, Kampala, David Kalinaki, directeur-rédacteur en chef adjoint du « Daily Monitor », et Henry Ochieng, rédacteur au « Sunday Monitor », ont été inculpés en août de faux après que le journal eut publié la reproduction d'un mémorandum présidentiel coulé à la presse. Le « Monitor » avait reconnu certaines erreurs et publié une correction. Un porte-parole du gouvernement a critiqué la couverture de l'affaire par les médias, mais n'a pas contesté le contenu du document, selon ce qu'indiquent les dépêches locales et internationales.

Dans une autre affaire distincte, dans la ville septentrionale de Gulu, le magistrat Michael Okonya a rejeté le 10 août une pétition du reporter Moses Akena, du « Monitor », accusé de diffamation. Akena demandait la suspension de son procès en attendant le résultat d'une contestation constitutionnelle des lois criminelles sur la diffamation devant la Cour suprême d'Ouganda, dit le CPJ.

Le photojournaliste Stephen Otage, du « Monitor », se bat lui aussi contre des accusations d'« intrusion criminelle » pour avoir pris en juillet des photos de l'Inspecteur général du Gouvernement à l'extérieur d'un palais de justice, dit le CPJ.

« Nous sommes alarmés par la répression croissante du journalisme indépendant et du journalisme critique en général, et contre le « Monitor » en particulier à l'approche des élections », dit le CPJ. « Nous espérons que la Cour suprême cassera les lois criminelles sur la diffamation, ce qui rendrait l'Ouganda davantage conforme aux pratiques de pays plus démocratiques. »

Par ailleurs, les autorités ont interrogé pendant quatre heures le 28 août le directeur-rédacteur en chef adjoint Andrew Mwenda, le rédacteur Charles Bichachi et le chef des nouvelles adjoint Joseph Were, du magazine d'information bimensuel « The Independent », à cause d'une caricature de Museveni que le magazine a publiée, dit le CPJ.

La caricature du 21 août parodie la décision controversée de Museveni de reconduire les membres de la commission électorale afin de superviser l'élection générale de 2011. La Cour suprême a statué que, lors de l'élection de 2005, la commission électorale a laissé se commettre des irrégularités, notamment des pots-de-vin, le bourrage d'urnes et la privation des droits des électeurs.

Les trois journalistes se sont fait dire de revenir pour un autre interrogatoire, de sorte que les officiers peuvent continuer à faire pression sur eux pour connaître leurs motifs, indique le groupe Human Rights Network for Journalists (Réseau des droits de la personne pour les journalistes, HRNJ), basé à Kampala.

Une accusation formelle de sédition, remontant à 2005, est l'une des 21 accusations criminelles portées contre Mwenda, le journaliste politique le plus connu d'Ouganda et lauréat en 2008 d'une récompense du CPJ, rappelle ce dernier.

Dernier Tweet :

Philippines: Speak truth to power, keep power in check https://t.co/3JnxMnJ4WY "... the paramount duty of a free pr… https://t.co/hXI00qT2Bs