RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

Répression des journalistes de la radio

James Akena/Reuters

Un accès de violence a secoué l'Ouganda la semaine dernière lorsque s'est déroulée une lutte de pouvoir entre le gouvernement et le royaume du Buganda. Le Conseil de radiodiffusion d'Ouganda (Uganda Broadcasting Council) dirigé par l'État, a fermé les stations de radio le 11 septembre, et a ordonné l'arrêt du débat politique et des commentaires sur les affrontements dans la capitale, Kampala, selon ce qu'indiquent le Media Institute (MI), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et d'autres groupes membres de l'IFEX.

Selon les dépêches, les tensions au sujet de la terre et du pouvoir entre le gouvernement du président Yoweri Museveni et le Buganda, l'un des quatre royaumes historiques de ce pays d'Afrique de l'Est, ont débordé le 12 septembre. La police a bloqué le monarque du Buganda, connu comme le Kabaka, pour l'empêcher de se rendre dans un village où la situation était explosive, à l'est de la capitale, sur le territoire que son royaume revendique. En plus des rumeurs d'arrestation de dirigeants du Buganda, l'événement a servi de catalyseur d'émeutes à Kampala et dans plusieurs villes du centre du pays. Les médias locaux affirment qu'au moins 21 personnes ont perdu la vie et que plus de 500 autres ont été arrêtées. La tension monte entre le royaume et le gouvernement depuis que le président Museveni a refusé d'accorder au Buganda, il y a cinq ans, un statut semi-autonome de type fédéral, dit MI.

Daniel Kalinaki, le directeur et rédacteur en chef du « Daily Monitor », le quotidien indépendant d'Ouganda, a déclaré à « Reuters » que le gouvernement avait été pris au dépourvu par les protestations, et qu'il avait fermé le Central Broadcasting Service (CBS) afin de couper le lien entre les dirigeants du royaume et les membres de la base qui défilaient dans les rues. « Sans message cohérent venant du centre, les émeutes ont été limitées et les manifestants criminalisés comme membres de gangs... (elles) ont dégénéré en violence et pillage aveugles, transformant rapidement en victimes un grand nombre de personnes qui autrement auraient appuyé la visite du monarque. »

« Le gouvernement a interdit les émissions de discussion en direct à la radio, connues sous le nom d'"ebimeeza", sous prétexte que les stations de radio étaient incapables d'en maîtriser le contenu », indique Reporters sans frontières (RSF).

Des agents du Conseil (de radiodiffusion d'Ouganda), appuyés par des soldats, se sont emparés de l'équipement de transmission, paralysant le CBS, selon ce que rapporte le CPJ. Des techniciens du Conseil et des soldats ont aussi effectué une descente à « Radio Sapientia », une station catholique et à Suubi, une station commerciale qui s'adresse essentiellement aux jeunes. La station « Radio Two Akaboozi Kubiri » a aussi été suspendue. Le ministre de l'Information, Kabakumba Matsiko, a accusé ces stations d'incitation à l'émeute, dit RSF.

« La fermeture du CBS constitue un coup très dur pour les médias indépendants du pays, qui se dirige rapidement vers des élections générales en 2011 », dit MI. « C'est la seule radio qui ait résisté à l'intimidation de l'État, surtout parce qu'elle bénéficiait du statut spécial d'appartenir au royaume du Buganda. »

Kalundi Sserumaga, journaliste extrêmement respecté, cinéaste et animateur de l'émission-débat « Spectrum » à la station « Radio One », a été enlevé à l'extérieur de WBS Television le 11 septembre, après avoir critiqué Museveni lors d'un débat télévisé, indiquent RSF et le Comité des écrivains en prison du PEN International (WiPC).

Le 14 septembre, le WiPC rapportait que Sserumaga avait été transféré dans un hôpital pour y être traité pour des blessures subies dans un grave passage à tabac aux mains de la police. Il a déclaré aux reporters qu'il prévoyait rester à l'hôpital pendant au moins une journée, mais qu'il allait retourner en détention policière. Selon Human Rights Watch, Sserumaga a été inculpé le 15 septembre de six chefs d'accusation de sédition, puis il a été remis en liberté sous caution.

« Le gouvernement recourt à des mesures extrêmement étendues et formule des assertions à l'emporte-pièce afin de s'abattre sur les médias critiques », a déclaré le CPJ. « Il ne trompe personne. »

Les membres de l'IFEX préparent une lettre conjointe destinée au président Museveni dans laquelle ils condamnent les récentes attaques contre les médias, et ils appellent le gouvernement à préserver le droit à la liberté d'expression. Cette lettre sera rendue publique le 17 septembre.

Thirty-one IFEX members call on President Museveni to lift the ban on the four radio stations and address the state of free expression
ADDITIONAL INFORMATION
Alertes liées au même sujet sur ifex.org


Dernier Tweet :

Human rights fellowship seeks women journalists [Worldwide] https://t.co/Lp90zqtEtS@GMCZimbabwe @ZLHRLawyers… https://t.co/bap531190X