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Des journalistes sont attaqués par les manifestants, les forces de sécurité et la loi sur les médias

Plusieurs journalistes ont été tabassés et se sont fait tirer dessus la semaine dernière, pendant qu'ils faisaient face à la fureur des autorités et des manifestants lors d'affrontements sur l'emplacement de tombes royales ougandaises détruites par un incendie criminel, selon ce que rapporte le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Trois personnes ont perdu la vie. Les journalistes sont également menacés par l'État tandis que celui-ci s'efforce de museler les médias et vise les journalistes critiques par des modifications répressives à la loi sur la presse, indiquent l'Institut international de la presse (IIP) et Freedom House.

Le mausolée de quatre anciens rois, ainsi que des reliques culturelles incendiés le 16 mars, constituent un centre spirituel majeur pour le royaume de Buganda et ont été désignés par l'UNESCO comme site du patrimoine mondial. Des manifestants et un cortège funèbre se sont rassemblés à Kasubi le lendemain, à l'extérieur de Kampala, la capitale, pour exiger la tenue d'une enquête sur l'incendie. Des soldats ont répliqué en tirant en l'air pour disperser la foule.

Un reporter à l'hebdomadaire « Ggwanga », Mukiibi Serunjogi, a été atteint au genou par un projectile tiré par un agent de sécurité. « Les soldats m'ont mis en joue, moi et quelques députés du parlement », a-t-il déclaré au Réseau de journalistes ougandais pour les droits de la personne (Ugandan Human Rights Network of Journalists, UHRN J).

Le journaliste Moses Lemisa, qui couvrait la manifestation pour le quotidien « Bukedde », a été atteint par un tir tandis qu'il prenait des photos des forces de sécurité en train de tirer à balles réelles. Il a ensuite été agressé par des manifestants. « Les manifestants ne veulent pas que les journalistes les prennent en photo. Lorsqu'ils voient leur photo dans les journaux, ils craignent que le gouvernement ne leur coure après », a-t-il dit. Selon l'UHRN J, Lemisa a en outre reçu un appel téléphonique de menaces de la part d'un capitaine de l'armée qui exigeait d'avoir accès aux photos des civils qui ont été tués par la brigade de la Garde présidentielle.

Pour sa part, le journaliste pigiste Benjamin Ssebaggala a été atteint par des pierres tandis qu'il tentait de photographier des manifestants. Le photographe Steven Musoke a également subi des blessures mineures. Lemisa, Ssebaggala et Musoke travaillent pour le groupe de médias « New Vision », qui appartient à l'État, et ont été inculpés par la Couronne de ne pas accorder une couverture équitable au royaume de Buganda, selon ce que rapporte l'UHRN J.

La correspondante de Deutsche Welle, Leila Ndinda, a été agressée par des manifestants qui l'accusaient d'appartenir à la même tribu que le président Yoweri Museveni. La foule a tenté de lui retirer son pantalon et lui a lancé des pierres, rapporte l'UHRN J.

Des affrontements mortels ont fait rage en septembre dernier entre le gouvernement et le royaume à cause de litiges qui durent depuis longtemps au sujet de la terre et de droits politiques. Buganda est le plus étendu des quatre anciens royaumes de l'Ouganda. Il a été aboli en 1966, pour être rétabli en 1993 par le président Yoweri Museveni, mais dénué de quelque pouvoir politique.

Lors d'une conférence de presse le 21 mars, le président Museveni a menacé les médias à la suite de rumeurs selon lesquelles le gouvernement était responsable de l'incendie des tombes, rapporte l'Association des Journalistes d'Afrique de l'Est (Eastern Africa Journalists Association, EAJA).

Par ailleurs, des changements à la Loi de l'Ouganda sur la presse et les journalistes, actuellement à l'étude par le cabinet ougandais, permettraient aux autorités de révoquer le permis d'une entreprise de presse si elle publiait du matériel considéré comme une menace pour la sécurité nationale, la stabilité, l'économie ou l'unité, selon ce que rapporte l'IIP. On s'inquiète que les groupes de médias ne s'autocensurent chaque année à l'approche du renouvellement de leur permis. La loi actuelle permet à n'importe qui de publier n'importe quel type de journal dans le pays, et dit que personne ni aucune autorité ne peut bloquer la publication en raison du contenu, indiquent l'UHRN J et l'EAJA.

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