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Un défenseur des droits des gais battu à mort après avoir reçu des menaces

Un important défenseur des droits des gais, dont la photo avait paru en une d'un journal ougandais qui demandait que l'on pende les homosexuels, a été battu à mort la semaine dernière, chez lui près de Kampala, selon ce que rapportent Human Rights Watch et ARTICLE 19.

David Kato, agent de revendication pour l'organisation Sexual Minorities Uganda (SMUG), dans un pays où l'homosexualité est illégale et passible de 14 ans de prison, a été battu à mort par un inconnu qui est entré chez lui le 26 janvier.

Sa mort survient à peine trois semaines après qu'il eut remporté une victoire devant les tribunaux contre le tabloïd « Rolling Stone ». La Cour suprême a statué en effet que le « Rolling Stone » avait violé le droit au respect de la vie privée de Kato et d'autres personnes. Cette victoire a empêché le journal de répéter des histoires similaires à celle publiée en octobre dans laquelle la manchette « Pendez-les » était accompagnée des photos, noms et adresses résidentielles de membres de la communauté gaie.

Le Réseau des droits de la personne pour les journalistes (HRNJ-Ouganda) (Human Rights Network for Journalists-Uganda, HRNJ-Uganda), qui est membre par intérim de l'IFEX, a applaudi le jugement, affirmant que la liberté d'expression s'accompagne de la responsabilité de protéger et de promouvoir les droits des autres.

D'après les membres de l'IFEX, Kato avait dû faire face à des menaces grandissantes et à du harcèlement après avoir figuré bien en vue dans l'article du « Rolling Stone ». ARTICLE 19 a fait connaître sa vive préoccupation en voyant que « certains, dans les médias et la direction politique, continuent à répandre des sentiments d'hostilité à l'égard des gais et, en certaines occasions, à inciter ouvertement à la violence contre les minorités sexuelles ».

Selon le journal « The Independent », d'autres personnes qui ont figuré sur la liste du « Rolling Stone » ont été chassées de chez elles par des foules qui leur ont lancé des pierres.

« Il y a eu la peur, mais cela atteint aujourd'hui un nouveau degré », a dit à l'« Independent » Pepe Julian Onziema, compagnon d'armes des défenseurs des droits et l'un des deux autres individus qui ont porté l'affaire du journal devant les tribunaux. « Les gens ont vraiment, vraiment peur. »

« Dans le cadre de cette affaire judiciaire, David avait reçu des menaces; il y avait eu des messages textes et des appels téléphoniques. J'ai lui ai parlé moins d'une heure avant sa mort pour discuter de sécurité parce que nous sommes tous harcelés. Puis je l'ai appelé une heure plus tard et son téléphone ne fonctionnait plus. »

Kato s'était opposé avec fermeté au projet de loi anti-homosexualité, déposé au parlement en octobre 2009 afin de rendre l'homosexualité passible d'une amende et de la prison à vie - et de la peine de mort pour les contrevenants persistants.

Selon Human Rights Watch, Kato avait déclaré que le projet de loi était « profondément antidémocratique et antiafricain ». En dépit d'une forte condamnation internationale, le projet de loi est toujours à l'étude.

Le projet de loi a été élaboré après qu'une délégation de missionnaires chrétiens venus des États-Unis eut assisté à une conférence en Ouganda et suggéré que certains homosexuels pouvaient changer d'orientation sexuelle par la prière, selon ce que rapporte « The Independent ».

D'après « The Independent », 85 pour 100 de la population de l'Ouganda est chrétienne; l'homosexualité est illégale dans 37 pays d'Afrique.

Giles Muhame, rédacteur en chef de « Rolling Stone », a condamné le meurtre et déclaré ne pas vouloir que les gais se fassent attaquer. « S'il a été assassiné, c'est triste et nous prions pour son âme », a dit Muhame à Reuters. « Il y a beaucoup de crimes, il se peut que ce ne soit pas parce qu'il était gai. Nous voulons que le gouvernement pende les gens qui font la promotion de l'homosexualité, et non pas que le public les attaque. Nous avons dit qu'ils devaient être pendus, non pas lapidés ou agressés. »

La police a déclaré qu'il n'y avait aucune indication que le meurtre ait eu quelque chose à voir avec l'orientation sexuelle de Kato et que celui-ci avait été tué par des voleurs responsables de la mort récente de plus de dix personnes dans la région. Les membres de l'IFEX demandent la tenue d'une enquête impartiale et indépendante.

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