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Les membres de l'IFEX demandent au Président de faire enquête sur les attaques contre les journalistes à la veille des élections

Les employés du « Summit Business Review » ont été arrêtés et détenus en rapport avec la publication de ce dessin du Président Museveni sur la couverture du magazine
Les employés du « Summit Business Review » ont été arrêtés et détenus en rapport avec la publication de ce dessin du Président Museveni sur la couverture du magazine

Les journalistes ougandais qui se préparaient à couvrir les élections présidentielles le 18 février ont été menacés et agressés, tandis que les partis d'opposition se sont vu refuser l'accès aux médias. Au milieu des tensions politiques et de l'inquiétude à propos de la sécurité, 34 groupes membres de l'IFEX invitent le Président de l'Ouganda à faire immédiatement enquête sur toutes les attaques perpétrées contre les journalistes et prient les entreprises de médias à donner des chances égales à tous les candidats à l'élection.

Au moins 10 journalistes ont été agressés dans des incidents reliés à l'élection depuis novembre 2010, soit depuis le lancement de la campagne, selon ce que rapportent le Réseau des droits de la personne pour les journalistes (HRNJ-Ouganda) (Human Rights Network for Journalists Uganda, HRNJ-Uganda) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), qui ont tenu une action conjointe de l'IFEX.

Le journaliste Michael Kakumirizi, par exemple, du tabloïd ougandais « Red Pepper », a été agressé le 19 janvier par des partisans du Mouvement national de résistance (National Resistance Movement, NRM), au pouvoir, à Alebeatong. Le 20 janvier, le journaliste Issa Aliga de NTV et le rédacteur Ssozi Ssekimpi de Top Radio Masaka ont été tous deux agressés par un député local.

Le cas du journaliste Arafat Nzito, de Radio Simba, est des plus troublants. Celui-ci est disparu le 4 novembre; il a été agressé puis abandonné dans une banlieue de Kampala par des agents de sécurité, selon ce que disent les membres. Nzito, qui rapportait souvent les nouvelles du principal parti d'opposition, le Forum pour le changement démocratique (Forum for Democratic Change, FDC), n'a jamais été mis en accusation.

Nzito a déclaré au CPJ, « J'ai des cauchemars de donjons, de passages à tabac et de détention à la pointe du fusil. Je crains pour ma vie, et je ne peux ni communiquer, ni travailler ni me déplacer librement ». Le supplice de Nzito l'a forcé à déménager, juste pour pouvoir quitter la station avant la tombée de la nuit.

Les journalistes indépendants et ceux qui donnent une plate-forme aux voix des partis d'opposition se heurtent aussi à la censure, aux menaces et à la détention. Prenons les cas de Mustapha Mugisa et de Samuel Ssejjaaka, respectivement directeur général et rédacteur en chef du magazine « Summit Business Review ». Ceux-ci ont été arrêtés le 11 janvier par les forces de sécurité et détenus par la police pour avoir publié sur la page couverture du magazine un dessin du Président Yoweri Museveni.

Dans une autre affaire, la police de Lira a prévenu les journalistes de ne pas donner la parole aux nombreuses organisations non gouvernementales ougandaises qui soulèvent de sérieuses questions sur la façon dont les fonds publics sont utilisés, en particulier pour soutenir le parti au pouvoir, selon ce que rapporte Human Rights Watch. Depuis le 5 février, la police a intimidé, arrêté et détenu 16 personnes qui distribuaient la déclaration conjointe.

Les candidats d'opposition eux-mêmes sont réduits au silence par les stations de radio privées. Le 2 janvier, le chef du FDC, le Dr. Besigye, a été empêché de parler à Radio Kitara, à Spice FM et à Kings Radio; les trois stations appartiennent à des partisans du parti au pouvoir. Dans le district de Nakaseke, Besigye a acheté du temps d'antenne d'une émission de débats publics à une station de radio communautaire, mais à son arrivée sur les lieux, il a constaté que les portes de la station étaient verrouillées et la station elle-même était encerclée par des policiers de l'escouade antiémeute.

« Ces incidents démontrent que les entreprises de médias ne respectent pas les obligations de leur permis, obligations qui comprennent la fourniture d'une plate-forme égale pour tous les candidats et la promotion de la liberté d'expression », dit la déclaration conjointe. « Cela montre également que les obligations ne sont pas appliquées par le Conseil de la radiodiffusion, dont le rôle consiste à s'assurer qu'il n'y a pas d'ingérence politique dans les médias. »

Par ailleurs, une ébauche de législation menace de restreindre le droit à la liberté de parole et de se rassembler paisiblement. Le projet de Loi de 2009 sur l'administration de l'ordre public, en préparation au parlement, confère à l'Inspecteur général de la police et au Ministre des Affaires intérieures des pouvoirs arbitraires en matière d'administration des rassemblements publics, indique la déclaration.

Museveni est a accédé au pouvoir en 1986, à la suite d'une rébellion prolongée. Après des élections entachées de violence en 2001, le président a fait adopter en 2005 une modification à la constitution abolissant la limite de deux mandats pour une même personne à la présidence de l'Ouganda. Cette élection n'est que la deuxième depuis 1986 à laquelle les partis d'opposition sont admis à participer.

Le HRNJ-Ouganda a mis sur pied une ligne téléphonique sans frais pour venir en aide aux journalistes : +256 800 144 155.

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