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Les autorités arrêtent l'opposition et tabassent journalistes et protestataires

Le chef du principal parti d'opposition de l'Ouganda vient d'être inculpé de comportement tumultueux et d'incitation à la violence, tandis qu'au moins huit journalistes ont rapporté avoir été blessés au cours d'une nouvelle vague de protestations provoquées par la hausse des prix de l'essence et des aliments, selon ce que disent Human Rights Network Uganda (HRNJ-Ouganda) et les dépêches.

Des soldats ougandais et des policiers ont tiré des gaz lacrymogènes pour disperser des milliers de manifestants qui protestaient contre l'arrestation du dirigeant du Forum pour le changement démocratique, Kizza Besigye, le 18 avril, à l'occasion de la troisième manifestation de la « marche pour le travail ».

Principal rival du Président Yoweri Mousseveni aux élections de février, Besigye a été arrêté il y a une semaine après qu'une vague de manifestations eut éclaté en Ouganda, au cours desquelles ses partisans ont scandé des slogans sur la façon dont les manifestations en Tunisie et en Égypte ont entraîné l'arrivée de nouveaux gouvernements, rapporte le « Guardian ».

Plus d'une dizaine de personnes ont aussi été arrêtées après que la police eut décrété l'illégalité des manifestations et prévenu qu'elle détiendrait toute personne qui tenterait de manifester. Parmi les personnes arrêtées il y avait des dirigeants de l'opposition qui se trouvaient ailleurs dans la capitale, notamment Norbert Mao, chef du Parti démocratique, et Olara Otunnu, du Congrès du peuple ougandais.

Le 14 avril à Kampala, le cameraman Francis Mukasa de WBS TV a été tabassé tandis qu'il couvrait les manifestations qui ont suivi l'arrestation du maire-élu de Kampala, Ssalongo Erias Lukwago, selon ce que rapporte le HRNJ-Ouganda. Mukasa a été transporté à l'hôpital Nsambya où son état est jugé grave après que la police l'eut aspergé de gaz lacrymogènes.

Ronald Muyinda, journaliste à Radio One, a été battu par des militaires à Wampeewo tandis qu'il décrivait des échanges de tirs à balles réelles. Muyinda était clairement identifié comme journaliste par son gilet désignant sa station de radio, mais la police militaire s'est ruée sur lui et lui a fracturé le bassin et une jambe, indique le HRNJ-Ouganda.

« La plupart des journalistes victimes qui ont parlé au HRNJ-Ouganda ont indiqué avoir revêtu comme il se doit le gilet identifié à leur station et qu'il était impossible pour l'armée de les confondre avec les manifestants. Les agressions semblent donc avoir été organisées afin d'empêcher les journalistes de documenter les attaques brutales contre les manifestants », dit le HRNJ-Ouganda.

Le HRNJ-Ouganda enquête en outre sur des reports selon lesquels le Conseil de la Radiodiffusion avait émis en secret le 14 avril des directives aux médias pour qu'ils cessent de retransmettre en direct les manifestations ainsi que des séquences vidéo de Besigye, qui a lui-même reçu une balle de caoutchouc dans une manifestation.

Les dernières nouvelles indiquent que le gouvernement ougandais a demandé aux fournisseurs de services Internet de couper l'accès à Facebook et à Twitter pendant les manifestations.

« Il serait dangereux pour le gouvernement de recourir de manière injustifiée à la protection de la sécurité nationale comme motif pour contrôler l'information », prévient Reporters sans frontières (RSF).

Au pouvoir depuis 1986, Mousseveni a prévenu qu'il ne permettrait pas à Besigye de prendre la tête des manifestations, et il a attribué à la sécheresse la diminution de la production alimentaire et à la hausse des prix mondiaux du pétrole l'augmentation des coûts de transport.

Les taux d'inflation à travers la région est-africaine, qui comprend les pays voisins que sont le Kenya, la Tanzanie e le Rwanda, ont augmenté ces derniers mois en raison des hausses dans les coûts des aliments et du pétrole. En Ouganda, le taux d'inflation mesuré sur douze mois était de 11,1 pour 100, dit le « Guardian », et le prix d'un litre d'essence s'est accru de presqu'un tiers rien que le mois dernier.

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