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Des journalistes, des protestataires et des politiciens attaqués au milieu des protestations de l'opposition

Au moins dix journalistes ont été attaqués par des soldats la semaine dernière en Ouganda pendant qu'ils couvraient le retour en Ouganda du dirigeant d'opposition Kizza Besigye. Besigye est arrivé du Kenya, où il était traité pour des blessures subies lorsque les forces de sécurité ont dispersé violemment une manifestation de l'opposition à Kampala le mois dernier, selon les indications de Reporters sans frontières (RSF) et du Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Ce n'est là que le dernier exemple en date de l'hostilité du gouvernement à l'égard de la presse tandis que se poursuivent les manifestations des travailleurs qui se rendent au travail en marchant pour protester contre la spirale ascendante des prix du pétrole et des aliments, selon ce que rapportent le Réseau des droits de la personne pour les journalistes (HRNJ-Ouganda), le CPJ et RSF.

En avril, des soldats ougandais et des policiers ont tiré des gaz lacrymogènes pour disperser des milliers de manifestants qui protestaient contre l'arrestation de Kizza Besigye, chef du Forum pour le changement démocratique (Forum for Democratic Change), d'opposition. Celui-ci s'est par la suite rendu au Kenya recevoir des soins dans un hôpital de Nairobi, après avoir été agressé le 28 avril par les forces de sécurité. Les rumeurs de son retour ont suscité le déploiement massif de l'armée, des forces de sécurité et de la police, indiquent les journalistes locaux.

Tandis que ses partisans se rendaient la semaine dernière à l'aéroport pour l'arrivée de Besigye en Ouganda, laquelle avait été prévue pour protester contre la cérémonie d'assermentation du Président Yoweri Mousseveni, la police militaire s'est mise à tabasser à coups de bâton et de crosse de fusil les journalistes qui prenaient des photos des partisans qui se faisaient agresser. Les forces de sécurité ont confisqué l'équipement des reporters et effacé les photos prises par les journalistes étrangers. Certains journalistes ont été tirés des camions dans lesquels ils avaient monté et gravement battus. D'autres journalistes se sont réfugiés dans la clandestinité après avoir été avertis par des sources proches du gouvernement qu'ils étaient accusés d'avoir des liens avec le parti d'opposition de Besigye.

Le Président Mousseveni tient la presse à sa merci depuis sa victoire électorale de février et en particulier depuis le début des manifestations qui ont éclaté en réaction à la hausse des prix des aliments et de l'essence. « Le retour à Kampala du dirigeant d'opposition constitue un événement politique majeur qui devait être couvert pour le public ougandais. Les forces de sécurité ne doivent pas confondre les participants à un événement et les journalistes qui ne font qu'observer l'événement », dit RSF.

Les journalistes ont été brutalisés par les services de sécurité et accusés de soutenir les manifestations contre les hausses des prix et d'incitation à la violence. La police antiémeute a arrêté le 2 mai le journaliste de la télévision Williams Ntege parce qu'il filmait l'arrestation de la députée de Kampala Nabirah Ssempala tandis qu'elle se rendait à pied à son travail.

Le même jour, la journaliste Christine Nabatanzi de Radio Simba a été atteinte à la jambe d'une balle en caoutchouc tandis qu'elle couvrait des partisans du Parti Démocratique, d'opposition, qui célébraient la remise en liberté de leur dirigeant, Norbert Mao, incarcéré à la prison de Kampala. La police a, encore une fois, utilisé les gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc pour disperser les partisans, puis a visé les journalistes qui couvraient les attaques contre ceux-ci.

Dans la ville frontière de Kabale, dans le sud-ouest du pays, des assaillants ont mis le feu le 10 mai au domicile du journaliste Goodluck Musinguzi - tandis que lui et sa femme, et leur nouveau-né, se trouvaient à l'intérieur. Sa femme, trois de leurs enfants et lui-même ont survécu. Collaborateur au quotidien « New Vision », qui appartient à l'État, Musinguzi a écrit récemment un reportage sur deux hommes soupçonnés d'être des congolais rebelles, qui ont été tués près de la frontière de l'Ouganda et du Rwanda. Il avait aussi publié un reportage sur deux Ougandais arrêtés au Rwanda parce qu'on les soupçonnait de recruter des rebelles dans le but de renverser le gouvernement rwandais du Président Paul Kagamé.

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