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Un général est arrêté en rapport avec le meurtre d'un journaliste en 2000

Georgy Gongadze
Georgy Gongadze

AP/Sergei Chuzavkov

Neuf ans après la décapitation barbare de l'éminent journaliste ukrainien Georgy Gongadze, un général vient d'être arrêté, selon ce que rapportent des membres de l'IFEX. Le général Oleksiy Pukach a été arrêté ce mois-ci en rapport avec le meurtre - une affaire dans laquelle le camouflage est venu des plus hautes sphères. Mais le groupe ukrainien membre de l'IFEX, l'Institut des mass-médias (Institute of Mass Information), prévient qu'il est peu probable que le procès imminent de Pukach mène à l'arrestation des personnages responsables plus puissants.

La cadavre décapité et brûlé de Gongadze avait été découvert aux abords de Kiev en 2000. Une autopsie avait révélé qu'il était mort par strangulation. Gongadze, qui était éditeur du journal sur Internet « Ukrainska Pravda », avait dévoilé la corruption du gouvernement et représentait une voix critique incisive du président de l'époque, Leonid Koutchma. Peu après l'assassinat, l'ancien garde du corps du président avait coulé l'enregistrement secret d'une conversation entre Koutchma et son ministre de l'Intérieur du temps, Youriy Kravtchenko, dans laquelle le président aurait discuté du meurtre du journaliste. Koutchma a déclaré que la voix était bien la sienne, mais que ses propos avaient été trafiqués.

Les premières condamnations dans l'affaire Gongadze ne sont arrivées que l'an dernier, alors que des peines de 12 et 13 ans de prison ont été décernées à trois policiers impliqués dans l'enlèvement et le meurtre. Lors de ce procès, les policiers ont affirmé que Pukach, qui était en 2000 à la tête du service de surveillance au sein du ministère de l'Intérieur, était celui qui avait commis le meurtre. Pukach aurait avoué le meurtre peu après le début de sa détention le 23 juillet et aurait impliqué d'autres hauts dignitaires, selon ce que rapportent diverses sources d'information.

La BBC et l'IMI rapportent que, quelques jours après l'aveu du général, les enquêteurs ont déterré dans un district de Kiev ce que l'on croit être des fragments du crâne de Gongadze.

L'avocat de l'IMI, Roman Golovenko, a déclaré, cependant, que le témoignage de Pukach sera probablement insuffisant en lui-même pour faire condamner des dignitaires de rang plus élevé. Il a expliqué que le passage du temps et la mort, en 2005, de Kravtchenko par un douteux suicide rendaient difficile de poursuivre les politiciens qui avaient commandé le meurtre - et qui ont jusqu'ici échappé à la justice. Néanmoins, Golovenko croit que le témoignage de Pukach sera important parce qu'il fera la lumière sur l'identité des personnes qui ont effectivement commis le meurtre.

Dans une déclaration distincte, la Fédération internationale des journalistes (FIJ) en appelle aux autorités pour qu'elles se servent de la détention de Pukach comme tremplin pour l'arrestation des dirigeants du complot qui a mené au meurtre.

« Le meurtre de Georgy est une histoire pleine de revirements et de retournements qui, de l'avis de bien des gens, n'étaient que des tactiques de diversion destinées à protéger de puissants individus contre l'obligation de rendre des comptes », dit le président de la FIJ, Jim Boumelha. « Ce n'est plus une option depuis l'arrestation de Pukach, avec les informations qu'il peut divulguer. Nous voulons toute la vérité et rien que la vérité. »

La mort de Gongadze a suscité en partie la montée de la Révolution Orange, qui a porté le président Victor Youchtchenko au pouvoir en 2004. Le traitement de l'affaire par le gouvernement Youchtchenko en a déçu beaucoup, cependant, tandis que les groupes de défense des droits de la personne à travers le monde critiquent le gouvernement, qu'ils accusent de n'avoir pas réalisé davantage de progrès dans l'enquête.

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