RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

Les journalistes sont pourchassés pour qu'ils divulguent leurs sources, ils sont agressés et arrêtés

La police a perquisitionné ce mois-ci aux domiciles de deux journalistes ukrainiens et saisi leur équipement, tandis que les autorités s'attaquent à d'autres journalistes critiques, tandis que les violations de la liberté de la presse s'amplifient depuis les élections présidentielles de février 2010, selon ce que rapportent l'Institut des médias de masse (Institute of Mass Information, IMI), basé à Kiev, et Reporters sans frontières (RSF). Également ces dernières semaines, le rédacteur en chef d'un journal et un reporter de la télévision ont été sauvagement agressés.

Dix-sept journalistes de TVi ont fait parvenir une lettre au président Victor Yanukovich pour exiger qu'il mette un terme à l'ingérence de la principale agence de sécurité du pays, le Service de sécurité d'Ukraine (SBU), dans les médias. Les journalistes de TVi affirment que le SBU harcèle les journalistes afin de défendre les intérêts personnels et d'affaires du chef du SBU, Valeriy Khoroshkovskiy. Le SBU « a tenté de déclarer que la chaîne TVi était étrangère et donc, de nous priver du droit de radiodiffuser sur tout le territoire de l'Ukraine », déclarent les journalistes dans la lettre. « Nous vous assurons que nous sommes une chaîne ukrainienne et que nous sommes prêts à défendre la liberté de parole dans ce pays dont nous sommes les citoyens. »

La Commission pour l'instauration de la liberté d'expression a été dissoute récemment par un décret affiché sur le site web du président. Les autorités politiques qui tentent de monopoliser les médias constituent une grave menace pour la liberté de la presse, dit l'IMI. « Nous nous rendons compte que Victor Yanukovich n'a accordé aucune conférence de presse depuis son élection à la tête de l'État. »

De plus, la police procède à l'intimidation et à l'arrestation systématiques des journalistes. La journaliste et blogueuse Olena Bilozerska a été harcelée parce qu'elle a couvert en février une manifestation qui se déroulait à l'extérieur d'un magasin de fourrures animales où des manifestants ont lancé contre la façade du magasin des grenades fumigènes et des oeufs remplis de peinture.

Au début du mois d'avril, la police a effectué une descente au domicile de Bilozerska ainsi qu'à celui du photographe Olexiy Furman de l'agence Photolenta dans le but de trouver des indications sur des manifestants. Les deux journalistes ont été convoqués le 30 mars pour interrogatoire. « Bilozerska et Furman ont dit que la police recherchait surtout des photos, des séquences vidéo et du matériel imprimé de membres du mouvement radical d'opposition “Résistance autonome” », indique RSF.

Le 12 avril, la police a arrêté le journaliste Andriy Vey, directeur du journal « Express », pour évasion fiscale. Lorsque plusieurs journalistes se sont rendus au poste de police pour demander des explications concernant l'arrestation de Vey, ils ont été passés à tabac et se sont fait casser leur équipement. Ces derniers mois, le journal a publié des reportages sur la coûteuse « remise à neuf du Bureau du Procureur régional, tandis que les écoles et d'autres services de base demeurent sous-financés, et a également dénoncé la corruption chez les substituts locaux et les agents de la circulation », rapporte l'Association mondiale des journaux et des éditeurs de nouvelles (AMJ-IFRA).

Le journal « Express » a été ciblé de plusieurs manières : un incendie suspect contre le domicile du rédacteur en chef Igor Pochynok, une campagne de dénigrement, la menace de poursuites criminelles contre Pochynok, et des coups de feu tirés en direction des locaux du journal, rapporte l'AMJ-IFRA.

Également le 12 avril, le journaliste de la télévision Boris Braguinskiy a été projeté au sol et roué de coups de pied par un agresseur non identifié à l'extérieur de l'immeuble des studios de télévision qui produisent l'émission « Chroniques provinciales » sur la chaîne 9 à Dnipropetrovsk.

Le 23 mars, Vasyl Demyaniv, rédacteur en chef du journal « Kolomoyskiy Visnyk », a été sauvagement battu par plusieurs individus. Il a subi une fracture du crâne et a dû subir une intervention chirurgicale. Selon des collègues du Syndicat National des Journalistes, l'agression est liée au travail de Demyaniv; il s'est souvent montré critique à l'égard des autorités locales.

ADDITIONAL INFORMATION
Alertes liées au même sujet sur ifex.org


Dernier Tweet :

Indonesia told to respect media freedom in Papua after expelling BBC reporter Rebecca Henschke. The reporter went t… https://t.co/kCQ9rbKPu3