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La censure croissante est source d'inquiétude, disent 23 groupes membres de l'IFEX

La liberté d'expression a subi un déclin important en Ukraine depuis l'arrivée au pouvoir du président Victor Yanoukovitch en février 2010, dit l'Institut des mass-médias (Institute of Mass Information, IMI), basé à Kiev, qui tire la sonnette d'alarme à travers le monde. Dans une lettre conjointe rendue publique le 12 mai, dont l'IMI est à l'origine, 23 groupes membres de l'IFEX invitent les autorités gouvernementales et les médias à rétablir la confiance dans la presse libre du pays.

La lettre conjointe souligne comment les journalistes s'organisent contre les pressions exercées sur eux pour qu'ils ne couvrent pas certains sujets. Dans une lettre ouverte en date du 7 mai, des journalistes de la chaîne de télévision nationale STB ont dénoncé la censure systémique orchestrée par la haute direction, soulignant que depuis l'élection présidentielle, « l'accent s'est détourné d'une couverture indépendante critique des activités du gouvernement, pour s'atacher à des histoires couvrant les activités officielles du ministre de l'Éducation, Dmytro Tabachnyk, l'Organisation des Nationalistes ukrainiens-Armée des Insurgés ukrainiens, et l'interprétation officielle de l'Holodomor - la famine de masse des Ukrainiens en 1932-1933 ».

Les chaînes de télévision indépendantes subissent aussi des formes diverses de harcèlement. La chaîne TVi se bat pour conserver ses fréquences après qu'Inter, une chaîne rivale appartenant à l'épouse du chef du Service de sécurité d'Ukraine, eut prétendu qu'on lui avait attribué les fréquences de TVi. Inter a fait appel auprès du Conseil national de la radiodiffusion pour les obtenir.

Les médias indépendants se sont aussi vu interdire de couvrir les sujets d'intérêt public. En avril, les autorités ont tenté de restreindre l'accès des médias à une conférence de presse de Yanoukovitch et de son homologue russe à Kharkov. Les autorités ont empêché l'éminent journaliste Mustafa Nayem, du journal indépendant en ligne « Ukrainska Pravda », d'assister à la conférence de presse. Au cours de cette conférence de presse, des accords de souveraineté historiques ont été annoncés, mettant en lumière des arrangements sur le partage des secteurs pétrolier et gazier du pays et sur l'extension de la présence d'une base militaire russe en Ukraine. On a empêché des journalistes de poser des questions délicates.

Dans une déclaration séparée, la Fédération européenne des journalistes (FEJ), le groupe européen de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), a fait part de son inquiétude à propos de la tendance à la censure. « Nous sommes préoccupés par cette évolution, qui menace d'annuler les progrès majeurs que nous avons constatés ces dernières années et qui allaient dans le sens de la démocratie, en partie grâce à la liberté de la presse, alors que la tendance récente constitue une ressac contre les droits des journalistes et les droits de la personne en général », dit la FEJ.

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