RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

Les politiciens continuent à faire obstruction à la justice dans l'assassinat d'un journaliste

Le 16 septembre, les journalistes d'Ukraine et du monde entier ont marqué le 10e anniversaire du meurtre du journaliste Gyorgy Gongadze. Son assassinat est emblématique de l'impunité qui permet aux politiciens ukrainiens et autres personnages puissants de réduire au silence les journalistes critiques. La semaine dernière, après une enquête truffée d'erreurs et la mort de témoins clés, les procureurs ont annoncé que feu le général Yuriy Kravtchenko avait ordonné en 2000 le meurtre de Gongadze, selon ce que rapportent l'Institut de l'information de masse (Institute of Mass Information, IMI), de Kiev, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et ARTICLE 19.

Gongadze était un journaliste qui débusquait des scandales sur Internet et cofondateur du site web de nouvelles « Ukrainska Pravda ». Il a disparu tandis qu'il rentrait chez lui le 16 septembre 2000; son cadavre décapité a été trouvé le 3 novembre 2000. Il subissait régulièrement des manoeuvres de harcèlement et d'intimidation de la part des autorités et des services secrets à cause de ses critiques du gouvernement.

Il est bien connu que l'ancien Président Leonid Koutchma, l'actuel président du parlement Volodymyr Lytvyn et d'autres ont, quelques jours avant son assassinat, discuté des moyens de nuire à Gongadze. On le sait parce que des enregistrements des conversations ont été mises au jour par un ancien garde du corps présidentiel. « Ce dernier développement ressemble à une tentative pour camoufler l'identité des véritables instigateurs et pour les protéger du châtiment en faisant intentionnellement passer la culpabilité à Kravtchenko, aujourd'hui décédé », dit l'IMI.

Kravtchenko a été trouvé mort en mars 2005, le jour où il devait être interrogé sur le meurtre de Gongadze. Les autorités ont prétendu qu'il s'agissait d'un suicide, même s'il est impossible que Kravtchenko se soit lui-même tiré deux balles dans la tête.

La façon dont des politiciens de haut rang ont fait obstruction et saboté l'enquête encourage d'autres personnalités de rang supérieur à agir en toute impunité contre les journalistes, dit l'IMI. Récemment, un reporter d'enquête et rédacteur, Vasilli Klimentïev, a disparu à Kharkiv le 11 août.

Le 16 septembre, ARTICLE 19 et l'IMS ont accueilli à Kiev une conférence internationale pour redéfinir des stratégies de revendication afin de lutter contre l'impunité : « 10 ans - aucune justice pour Gyorgy Gongadze - nécessité de trouver de nouveaux moyens de combattre l'impunité ». Les professionnels des médias et des représentants d'ONG du Bélarus, de Russie et d'Ukraine ont participé à la rencontre tenue pour discuter de la protection des journalistes et de l'absence d'interventions efficaces du gouvernement pour empêcher les violations et faire enquête sur celles qui sont commises.

Dernier Tweet :

The Pakistan government has rejected the application of more than a dozen international NGOs. AT least 20 civil soc… https://t.co/29GngbuUsr