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Les membres de l'IFEX braquent les projecteurs sur le bilan désastreux du pays hôte de l'Euro 2012 au chapitre des droits

Une raison de célébrer ? Les membres de l’IFEX utilisent l’Euro 2012 pour mettre en lumière les violations commises en Ukraine, le pays hôte
Une raison de célébrer ? Les membres de l’IFEX utilisent l’Euro 2012 pour mettre en lumière les violations commises en Ukraine, le pays hôte

REUTERS/Gleb Garanich

La Fédération internationale des journalistes (FIJ) et sa section européenne demandent aux journalistes qui couvrent le tournoi de football Euro 2012 de regarder au-delà du tape-à-l'œil des nouveaux stades du pays hôte, l'Ukraine, et de voir à quel point leurs collègues subissent menaces, attaques et censure.

Un feuillet produit par la Fédération européenne des journalistes (FEJ) met en lumière les cas des assassinats non résolus et des disparitions de journalistes dans le pays, ainsi que des exemples de médias qui sont retirés des ondes ou harcelés en raison de leur travail.

Le cas le mieux connu est peut-être celui du journaliste Georgy Gongadze, enlevé en septembre 2000 et retrouvé décapité. Le journaliste faisait enquête sur des affaires de corruption aux niveaux les plus élevés du gouvernement ukrainien, y compris au sommet de l'État, de l'administration de l'ancien Président Léonide Kutchma. Des enregistrements secrets impliqueraient Kutchma lui-même dans la mort de Gongadze.

À l'heure actuelle, le procès de l'assassin présumé de Gongadze, le général Pukach, se déroule « inexpliquablement » dernière des portes closes, dit la FIJ.

Le président de la FIJ, Jim Boumelha, a déclaré qu'« en dépit des promesses répétées du Président Yanukovitch d'appliquer la justice, le bilan de son gouvernement se résume à avoir bâillonné les journalistes et à avoir étouffé leur droit d'informer ».

Le bilan abominable de l'Ukraine au chapitre de la libre expression s'étend jusqu'aux droits de la personne en général, disent les membres de l'IFEX. Human Rights Watch fait remarquer que l'Ukraine est aux prises avec les questions des droits des gais, des migrants, des demandeurs d'asile et des patients atteints de cancer. Par exemple, constate Human Rights Watch, l'homosexualité est officiellement légale en Ukraine depuis 1991, mais l'Ukraine n'a pas de loi contre la discrimination en raison de l'orientation sexuelle.

D'après Freedom House, sous le gouvernement de Yanukovitch, l'Ukraine « a connu un important déclin en un laps de temps dangereusement court », ce qui soulève des doutes réels quant à ses chances de joindre l'UE.

Pendant le tournoi de football, quelques pays de l'UE ont pressé l'Ukraine de rehausser son bilan en matière de droits de la personne. Les ministres des Sports du Danemark et des Pays-Bas ont eu des entretiens qui ont duré trois heures et qui ont porté sur la corruption, la brutalité policière, l'homophobie et l'impunité avant que leurs pays ne s'affrontent dans un match du Groupe B le 9 juin dans la ville orientale de Kharkiv, selon ce que rapporte Reuters. Ils ont en outre rencontré des victimes alléguées de tortures subies aux mains de la police.

« Notre rôle dans l'Union européenne consiste à faire pression auprès des politiciens du pays en faveur de changements. Les gens avec lesquels je me suis entretenu… montrent que vous pouvez être arrêté au hasard et torturé », a déclaré à Reuters la ministre néerlandaise de la Santé et des Sports, Edith Schippers.

« Cela n'est pas l'indice d'un État de droit civil qui veut faire partie de l'UE », a-t-elle ajouté.

D'autres politiciens des États de l'UE boycottent également les matchs tenus en Ukraine pendant ce tournoi d'une durée d'un mois, indique Reuters. L'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne maintiennent un boycott non officiel en raison de l'incarcération de la dirigeante d'opposition Yulia Tymochenko, l'ancienne première ministre condamnée en octobre dernier à sept ans de prison pour abus de pouvoir.

La directrice du bureau ukrainien d'Amnistie Internationale, Tanya Mazur, demande de l'aide afin d'assurer comme prévu la mise sur pied d'un organisme indépendant en vue de faire enquête sur les allégations de crimes commis par des policiers.

« Ce fut une excellente occasion pour nous parce que le gouvernement ukrainien est très sensible à toute déclaration venant de l'UE. Nous espérons qu'il y aura un suivi », a déclaré Mazur à Reuters.

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