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Ukraine : Plus de 50 journalistes blessés tandis que la police s'abat sur les manifestants

La police antiémeute (à gauche) s'apprête à disperser la foule rassemblée le 30 novembre 2013 place de l'Indépendance au centre de Kiev, pour appuyer l'intégration dans l'UE.
La police antiémeute (à gauche) s'apprête à disperser la foule rassemblée le 30 novembre 2013 place de l'Indépendance au centre de Kiev, pour appuyer l'intégration dans l'UE.

REUTERS/Inna Sokolovska

Vous l'avez fort probablement déjà vue : la photo d'un homme blessé à la tête, le visage ensanglanté, en train de photographier un groupe d'officiers de la police antiémeute. L'image du photographe de Reuters Gleb Garanich a pris allure de symbole de la violente répression des manifestations en Ukraine, qui ont commencé le 21 novembre. Les attaques contre les manifestants et les journalistes qui tentent de couvrir les événements font maintenant l'objet de l'attention internationale.

Les étudiants, les activistes et les partisans de l'opposition se sont d'abord rassemblés pour protester – en nombre de plus en plus grands – contre le Président Viktor Yanoukovitch qui a fait volte-face et qui refuse maintenant de ratifier une série d'ententes commerciales conclues avec l'Union européenne. D'après le Comité pour la protection des journalistes, ces ententes visaient à rehausser les liens économiques et politiques avec l'Europe et à mettre en branle des réformes démocratiques. Pour certains Ukrainiens, fait remarquer le New York Times, ces ententes reflétaient l'espoir d'éliminer la corruption et de relever leur niveau de vie. À la place, les demandes de plus de transparence se heurtent à la répression – menée par l'escouade de la police antiémeute, connue sous l'appellation de Berkut.

Les manifestations ont commencé à prendre de l'ampleur le 28 novembre, date à laquelle Yanoukovitch devait ratifier les ententes au Sommet du partenariat oriental de Vilnius, en Lituanie. Des journalistes se sont rassemblés pour documenter les appels des manifestants qui réclamaient la destitution de Yanoukovitch, et leur demande d'une révolution. Malheureusement, de nombreux artisans des médias ayant été bloqués dans leurs déplacements par les actions de la police, leurs reportages restent incomplets.

Ces derniers jours, plus de 50 journalistes à travers le pays ont été attaqués, et un grand nombre d'entre eux se sont fait détruire leur équipement professionnel par la police et certains manifestants, selon ce que rapporte l'Institut du droit des médias de Kiev. Des vidéos affichées par Euronews, le New York Times et d'autres médias montrent la violence des attaques ; selon le magazine Telekritika, basé à Kiev, la plupart des blessures résultent de grenades lacrymogènes, de grenades aveuglantes et de jets de pierres.

« D'après notre analyse de la situation, il semble que de nombreux journalistes ont été délibérément tabassés par la police, et qu'ils se soient identifiés comme journalistes n'a été d'aucun secours », écrit l'Institute of Mass Information (IMI) basé à Kiev, dans un courriel adressé à l'IFEX le 3 décembre 2013. Le personnel de l'Institut a apporté un soutien direct aux journalistes, distribuant casques de sécurité, lunettes, gilets et appareils respiratoires, et mettant sur pied un centre où les artisans des médias avaient accès à de l'aide juridique.

Mais les efforts locaux ne suffiront pas à contrer la violence déchaînée contre les manifestants, dit l'IMI. Le groupe de défense de la liberté de la presse prie instamment les organisations internationales et les membres de l'IFEX de faire pression auprès des autorités ukrainiennes et de « traduire en justice les personnes responsables de ces attaques ».

Le 3 décembre 2013, l'Association Mondiale des Journaux et des Éditeurs de Médias d'Information (WAN-IFRA) a écrit au Président Yanoukovitch pour lui demander d'ordonner « la tenue d'enquêtes immédiates et indépendantes sur chaque cas de violence et d'intimidation rapporté contre des journalistes et des employés des médias ».

Ce même jour, le groupe Index on Censorship, conjointement avec le réseau Human Rights House Network, a publié une déclaration demandant aux autorités ukrainiennes de s'assurer que « les ONG de défense des droits de la personne et les journalistes sont en mesure de suivre les assemblées et de couvrir la violence policière sans crainte de représailles ».

Mais les organisations non gouvernementales ne sont pas seules à formuler des critiques à l'égard du dirigeant ukrainien. Le Président Yanoukovitch s'est aussi attiré les foudres d'adversaires politiques pour sa décision de refuser de ratifier les ententes commerciales conclues avec l'UE. Le 3 décembre 2013, l'opposition a déposé une motion de non-confiance, mais la mesure a été défaite de peu, ne recueillant pas les 226 voix requises pour être adoptée, selon ce que rapportent les nouvelles de la BBC.

Les manifestants ont répondu en bloquant la banque centrale et en se jurant d'encercler d'autres immeubles gouvernementaux. Les manifestations devraient se poursuivre tandis que le Président Yanoukovitch resserre les liens politiques avec d'autres pays d'Europe de l'Est. Le New York Times rapporte que le président a annoncé le 2 décembre qu'il entamerait les discussions en vue de prolonger une entente de partenariat stratégique avec la Russie, afin d'obtenir des prix moins élevés pour le gaz naturel destiné à l'Ukraine.

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