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Des régimes, partout dans le monde, tentent de contrôler les renseignements contenus dans les appareils BlackBerry

Partout dans le monde, les gouvernements exercent des pressions sur la société BlackBerry pour avoir accès aux courriels des citoyens.
Partout dans le monde, les gouvernements exercent des pressions sur la société BlackBerry pour avoir accès aux courriels des citoyens.

via AFP

La décision des Émirats arabes unis de suspendre les services de courriels, de messageries instantanées et de navigation sur le web de BlackBerry à partir du 11 octobre ne constitue que le commencement. Plusieurs pays, dont l'Arabie saoudite, le Koweït, l'Indonésie et l'Inde, envisagent également des interdits du même genre et exigent l'accès à la technologie d'encryptage de BlackBerry afin de contrôler le flux de l'information, selon ce que rapportent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), Reporters sans frontières (RSF) et Freedom House. Selon les autorités des EAU, les téléphones de BlackBerry constituent une menace pour la sécurité nationale si on ne peut les surveiller.

Contrairement aux autres téléphones intelligents, il est difficile pour les services de sécurité d'État des EAU d'intercepter les données transmises au moyen du BlackBerry parce que celles-ci sont toutes encryptées et acheminées par des serveurs situés outre-mer. Les serveurs situés à l'étranger constituent un obstacle à la censure, au filtrage et à la surveillance, de sorte que le gouvernement des EAU éprouve de la difficulté à surveiller les courriels et les messages textes.

« L'insistance des autorités des EAU qui affirment avoir le droit de surveiller toutes les communications électroniques est susceptible de porter un grave préjudice aux journalistes, qui comptent sur des communications confidentielles avec leurs sources », dit le CPJ.

Parlant au nom de Index on Censorship, Christopher Davidson indique que les dirigeants des EAU craignent un soulèvement de type iranien et que l'interdiction récente survient en réponse à l'accroissement de l'opposition politique. Avec plus de 500 000 utilisateurs d'appareils BlackBerry aux EAU, « la panique chez les apparatchiks non élus et effrontément opaques du pays est palpable », écrit Davidson. Ces derniers mois, plusieurs sujets délicats ont pris une tournure délétère sur les BlackBerry des EAU, notamment des précisions concernant l'acquittement d'un sheikh blanchi d'accusations de torture et de sodomie.

L'annonce de l'interdit survient quelques jours à peine après que les autorités des Émirats eurent harcelé et arrêté des jeunes qui utilisaient leurs appareils BlackBerry pour tenter d'organiser une manifestation de protestation contre la hausse récente du prix de l'essence. Les autorités ont détenu le jeune Badr Ali Saiwad Al Dhohori, âgé de 18 ans, et se sont servies de son téléphone pour retracer les personnes auxquelles il avait adressé des messages textes, dit RSF. Il est détenu depuis le 15 juillet. Tout cela un an à peine après que le gouvernement eut tenté de déguiser un logiciel espion en mise à jour d'un logiciel de BlackBerry. La société Research in Motion (RIM), qui fabrique le BlackBerry, avait mis le public en garde à ce moment au sujet de la rustine d'espionnage.

L'Arabie saoudite a également annoncé son intention d'interdire les services de messages textes de BlackBerry, mais non de courriels, d'ici la fin août. Elle en est venue à une entente avec RIM, en vertu de laquelle un serveur BlackBerry sera installé dans le royaume, ce qui permettra au gouvernement de surveiller les messages des utilisateurs, selon ce qu'affirment les dépêches.

En avril, Bahreïn a interdit une application de bavardage disponible sur les téléphones mobiles de BlackBerry, qui permet de partager les nouvelles locales, rapporte le Centre des droits de la personne de Bahreïn (Bahrain Center for Human Rights, BCHR). Les journaux locaux et de nombreuses organisations politiques, culturelles et religieuses font appel à ce service pour retransmettre des nouvelles à un vaste éventail d'abonnés.

Pour leur part, les autorités indiennes ont menacé de suspendre les activités de RIM en Inde si la société leur refusait l'accès à leurs données encryptées. L'Indonésie exige aussi un plus grand contrôle. Également, le Liban et l'Algérie ont exprimé leur préoccupation face à leur incapacité à surveiller les communications sur BlackBerry, indiquent les dépêches. Une exception : l'émirat du Qatar, riche en gaz, qui a affirmé qu'il ne limiterait pas l'utilisation du BlackBerry.

« Les tentatives des gouvernements pour contrôler les échanges de renseignements numériques mettent en lumière une tendance croissante à forcer les entreprises à choisir entre se faire les complices de la répression gouvernementale en échange de l'accès à de lucratifs marchés et la préservation des droits de la personne garantis universellement », dit Freedom House.

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