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Des activistes sont arrêtés parce qu'ils s'opposent au gouvernement

Au début de ce mois, les Émirats arabes unis ont décidé de marcher sur les pas de leurs voisins et ont arrêté au moins cinq défenseurs des droits qui exigeaient sur Internet des réformes politiques. Des organisations de défense des droits basées en Égypte, notamment le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network for Human Rights Information, ANHRI) et l'Institut du Caire pour les études sur les droits de la personne (Cairo Institute for Human Rights Studies, CIHRS), qui sont membres de l'IFEX, ont joint leurs forces pour exiger la remise en liberté des activistes, tandis que Human Rights Watch invite les organisations internationales à se retirer des EAU.

Selon les autorités, les cinq détenus se trouvent actuellement en « détention préventive » pour « instigation à violer la loi et à perpétrer des actes qui présentent une menace pour la sécurité de l'État, qui troublent l'ordre public, qui s'opposent au système gouvernemental et qui insultent le Président, le vice-président et le prince héritier d'Abu Dhabi ».

L'un de ces activistes est Ahmed Mansoor, poète et militant éminent des droits de la personne (il est membre du comité consultatif de Human Rights Watch sur le Moyen-Orient et il est affilié à l'ANHRI), qui a réclamé récemment les libertés politiques et un parlement élu aux EAU. Le 8 avril, il a été détenu après une descente chez lui. Les autorités des EAU ont d'abord refusé d'informer sa famille ou son avocat de ses allées et venues ou de les laisser lui parler, mais ont déclaré depuis qu'il est détenu à la prison Al Wathba d'Abu Dhabi.

Mansoor est un éloquent défenseur d'une pétition soumise en mars aux autorités des EAU qui exige une réforme démocratique. D'après l'ANHRI, Mansoor a subi beaucoup de harcèlement de la part des autorités émiraties après avoir signé la pétition - il a reçu des menaces de mort et s'est fait dire qu'il était réaffecté au Pakistan pour son travail.

Depuis l'arrestation de Mansoor, les autorités émiraties détiennent une poignée d'autres activistes qui demandent des changements. Le 10 avril, les forces de sécurité ont arrêté l'universitaire Nasser bin Ghaith, professeur d'économie à la filiale d'Abu Dhabi de la Sorbonne de Paris, qui critique fréquemment les autorités des EAU parce qu'elles négligent d'entreprendre des réformes politiques significatives.

Les autorités ont en outre procédé à l'arrestation de trois autres activistes en ligne : Fahad Salim Dalk, Hassan Ali al-Khamis et Ahmed Abdul Khaleq.

« L'arrestation [des] activistes de l'Internet… quelques jours après avoir signé une pétition nationale qui demande des réformes démocratiques, visait à punir les activistes parce qu'ils exercent leur droit légitime de s'exprimer, à terroriser les opposants aux EAU et à confisquer leurs droits légitimes et garantis aux termes des lois nationales et internationales », affirment dans une déclaration l'ANHRI, le CIHRS et neuf autres organisations.

Ces arrestations s'inscrivent dans une vague de répression de la dissidence non violente par le gouvernement émirati, vague qui vise également la société civile, dit Human Rights Watch. Le 21 avril, le ministre des Affaires sociales a ratifié un décret dissolvant le conseil d'administration élu de l'Association des Juristes, l'un des groupes éminents de la société civile du pays, et l'a remplacé par des personnes désignées par l'État. Deux semaines auparavant, l'Association des Juristes et trois autres organisations non gouvernementales avaient signé la pétition.

Human Rights Watch demande au musée Guggenheim, à l'Université de New York et à l'Agence France-Muséums, qui ouvrent des succursales dans l'île de Saadiyat, aux EAU, de réclamer la libération immédiate des trois activistes.

« Ces institutions ne doivent pas rester sur la touche et regarder les choses passivement tandis que le gouvernement fait taire les voix les plus importantes qui demandent la liberté aux Émirats arabes unis. Si elles ont véritablement comme vision dêtre à l'avant-garde du développement de la région comme société qui honore les artistes et les universitaires, ces institutions doivent se prononcer », dit Human Rights Watch.

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Azerbaijani activist Ilgar Mammadov - released from jail after 5 years but still not free https://t.co/ysZWsFUKjU @EFF