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Le procès de cinq activistes est une imposture totale, dit une coalition de groupes de défenseurs des droits

À l'approche du verdict qui attend cinq activistes accusés d'avoir « insulté publiquement » de hauts dignitaires des Émirats arabes unis (E.A.U.) dans un forum sur Internet, membres et partenaires de l'IFEX ont rassemblé leurs forces pour soulever l'indignation devant ce procès inique et demander encore une fois la remise en liberté des activistes. La coalition de sept groupes, qui comprend notamment le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network for Human Rights Information, ANHRI), Human Rights Watch et Index on Censorship, qui sont membres de l'IFEX, se dit également profondément préoccupée par des rapports de menaces contre les activistes, leurs familles et leurs avocats.

Le plaidoyer final a été présenté le 23 octobre et une décision est prévue le 27 novembre, dit la coalition, qui fait remarquer que les défendeurs sont passibles de cinq ans de prison. Les accusés sont Nasser bin Ghaith, économiste et chargé de cours à l'université; Ahmed Mansoor, blogueur et conseiller membre du Bureau de Human Rights Watch, qui travaille aussi avec l'ANHRI; ainsi que Fahad Salim Dalk, Ahmed Abdul-Khaleq et Hassan Ali al-Khamis, champions de la réforme politique. Ils sont détenus depuis avril et se sont engagés à faire la grève de la faim la semaine prochaine.

Les accusations résultent de propos affichés sur le forum en ligne « UAE Hewar » qui critiquaient les politiques gouvernementales, selon ce que rapportent les groupes. Le forum toutefois était interdit à ce moment-là, de sorte que l'un des principaux arguments des avocats de la défense consiste à faire valoir que peu de gens auraient pu voir les propos. Mansoor doit répondre à des chefs d'accusation supplémentaires d'incitation à tenir des manifestations et à commettre des crimes parce qu'il a appuyé publiquement une pétition exigeant des élections démocratiques au Conseil Fédéral National, qui détient le pouvoir législatif.

Afin de suivre le procès de près et de défendre l'équité, les trois membres de l'IFEX ont formé une coalition avec Amnistie Internationale, Al Karama (Dignité), le Centre du Golfe pour les Droits de la personne (Gulf Centre for Human Rights) et Front Line Defenders. En plus de représentants de plusieurs de ces groupes, une avocate spécialiste des libertés civiles, Jennie Pasquarella a suivi assidûment le procès devant la Cour suprême d'Abou Dhabi au nom de la coalition et rédigé un rapport relatant par le menu les « vices de forme flagrants » du procès. Elle a pu avoir accès au tribunal après les quatre premières séances, qui se sont déroulées en secret.

Les défendeurs se sont vu refuser une myriade d'autres garanties juridiques, notamment le droit d'examiner la preuve et les charges retenues contre eux, le droit de contre-interroger les témoins et le droit d'avoir des entretiens confidentiels avec leurs avocats, rapporte la coalition. Le 2 octobre, la poursuite a présenté son plaidoyer final avant même que les avocats de la défense n'aient eu la possibilité de présenter leur cause.

Reconnaissant qu'ils subissent un procès politique, les cinq défendeurs ont quitté la salle d'audience le 25 septembre en signe de protestation. D'après Pasquarella, les accusations bidon sont dénuées de fondement en droit international et même en regard du droit des E.A.U.

« Depuis le tout début, cette affaire fourmille de vices de forme et de procédure, qui ont rendu ce procès grossièrement injuste en faveur de la poursuite », dit Pasquarella. « Cette affaire n'a rien à voir avec la justice ou la sécurité, et tout à voir avec l'étouffement de la dissidence politique et avec les appels à une plus grande démocratie. »

Les cinq activistes sont en prison depuis avril « pour leur propre sécurité », selon les mots d'un procureur de la poursuite, ce qui, soutiennent les groupes de défense des droits de la personne, n'est pas une raison acceptable pour incarcérer des gens. Les familles des activistes ont dit à Human Rights Watch que les défendeurs sont détenus en isolement cellulaire et se sont vu refuser des soins médicaux.

L'ANHRI rapporte que la prétention à la sécurité est particulièrement fallacieuse, étant donné que la police et le système judiciaire n'ont pas encore ouvert d'enquête sur les menaces de mort proférées contre les activistes par des membres des élites au pouvoir aux E.A.U. Rien non plus n'a été fait pour faire cesser la campagne publique que mène le gouvernement pour salir les activistes, en particulier Mansoor, en les qualifiant de traîtres à la nation.

Les crimes allégués des activistes étant considérés comme relevant de la « sécurité d'État », la Cour suprême est le premier et le seul tribunal à entendre cette affaire. Les activistes n'ont aucun droit d'appel.

Pendant que le procès se déroulait, l'Association internationale du Barreau tenait du 30 octobre au 4 novembre son congrès annuel à Dubaï. D'après l'Association internationale du Barreau, le ministère de la sécurité des E.A.U. a menacé d'annuler le congrès parce que « son contenu pouvait provoquer de l'instabilité dans la région ». Le procès des cinq activistes mis à part, le Printemps arabe n'a pas eu beaucoup d'impact aux E.A.U.

Les partisans des activistes emprisonnés ont lancé une pétition que toutes les personnes préoccupées par les violations de la libre expression sont invitées à signer à : http://www.ipetitions.com/petition/uae2011/.

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