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Les autorités accentuent leur répression à l'égard des blogueurs et net-citoyens

(RSF/IFEX) - Le 30 mars 2012 - Reporters sans frontières dénonce la multiplication des arrestations et procès de net-citoyens et la pression accrue des autorités sur le Net. Le régime tient les réseaux sociaux en ligne de mire, comme l'avait déjà déclaré le colonel Abdul Rahim bin Shafi, directeur du département de lutte contre le crime organisé au sein du ministère de l'Intérieur. Le bilan dressé par Reporters sans frontières ne fait que confirmer cette détermination.

“Les autorités émiraties accentuent leur répression à l'égard des blogueurs et net-citoyens diffusant des informations critiques du régime. Les arrestations, les agressions et les intimidations se sont enchaînées au cours du mois de mars. Nous exhortons le régime à abandonner de tels procédés. Les arrestations de blogueurs et net-citoyens pour leurs activités en ligne doivent cesser, et les autorités doivent garantir leur sécurité”, a déclaré l'organisation.

Le net-citoyen Saleh Al-Dhufairi, arrêté le 9 mars 2012, a été libéré sous caution le 20 mars 2012, après avoir été détenu pendant une dizaine de jours à la prison Al Wathba à Abu Dhabi. Il est accusé d'avoir utilisé Twitter pour “inciter à la sédition” et “porter atteinte à la religion”. Al-Dhufairi est très actif sur le réseau social (@SalehAlDhufairi). Il couvre certains sujets sensibles, comme l'affaire des “UAE 7”, un groupe de militants pro-démocratie dont les autorités ont révoqué la citoyenneté émiratie après qu'ils ont appelé le régime à faire des réformes politiques et organiser des élections, ou dénoncé l'intrusion du département de sécurité d'Etat dans les affaires politiques. Il a été déféré à la cour de sécurité d'Etat. La date d'ouverture de son procès n'a pas encore été décidée.

Le blogueur Juma Al-Felasi (@jalfelasi) a été attaqué par un groupe d'individus, le 6 mars 2012, alors qu'il était dans sa voiture. Ses agresseurs l'ont ensuite sorti de son véhicule pour le frapper, au motif que ses articles ternissaient l'image des dirigeants émiratis. Le blogueur est connu pour ses prises de position critiques vis-à-vis de la politique du régime et ses appels aux réformes démocratiques.

Par ailleurs, la surveillance du Net ne faiblit pas et les représailles contre tout individu postant des contenus déplaisant aux autorités sont immédiates. La police n'hésite pas à intimider les blogueurs et net-citoyens de l'opposition en utilisant les réseaux sociaux.

Mohammed Abdul Razzaq Al-Siddiq, un des “UAE 7” a été arrêté le 25 mars 2012 à quatre heures du matin par la police de l'émirat d'Al Sharjah (nord-est), sans mandat. Il avait critiqué sur Twitter le gouverneur de l'émirat, Sultan Al-Qassimi, auteur d'un discours discriminatoire à l'égard des citoyens non-émiratis. Il a été relâché dans la journée après s'être acquitté d'une amende, et ne sera pas poursuivi. Un autre membre des “UAE 7”, l'activiste Ahmed Ghaith Al Suwaidi, a été arrêté à Abu Dhabi, le 26 mars 2012, avec son collègue le juge Ahmed Yousef Buatabh Zaabi. La police n'avait pas de mandat, et les deux hommes sont actuellement détenus sans acte d'accusation officiel.

Le militants des droits de l'homme Khalifa Al-Nuaimi (‎@Alnuaimi_k) a reçu des menaces sur Twitter. Le 13 mars 2012, le chef de la police de Dubaï, Dhahi Khalfan, l'a averti que ses officiers allaient l'arrêter :

ضاحي خلفان تميم ‏ @Dhahi_Khalfan
‎@Alnuaimi_k‏ انت مطلوب للعدالة... ونحن شفا فون ... حضورك الينا افضل.

ضاحي خلفان تميم ‏ @Dhahi_Khalfan ‎
@Alnuaimi_k‏ خليفه لا نعرف اننا سنحيلها هذي جريمة يجوز القبض فيها لنا ولكن النيابة الاتحادية هي جهة الترافع فيه.. شرطة دبي في الطريق اليك .

Traduction : Tu est demandé par la justice... Nous sommes transparents... Tu ferais mieux de te rendre.

[...] C'est un crime pour lequel nous sommes en droit de t'arrêter mais c'est devant le procureur fédéral qu'il faut plaidoyer … la police de Dubaï est en route pour t'arrêter.

Le net-citoyen Mohamed Ismael Akhbar, est accusé d'avoir insulté Dhahi Khalfan sur les réseaux sociaux. Il a été arrêté le 19 février 2012 et placé en détention provisoire. Apatride, il avait dénoncé la corruption à laquelle il s'était heurté dans ses démarches de régularisation, avant de critiquer l'inaction de la police face à ses problèmes. Il risque trois ans de prison pour insulte à un représentant de la fonction publique. Le verdict de la cour sera rendu le 1er avril prochain. Il n'a pas eu accès à un avocat et a été placé en cellule d'isolement.

Par ailleurs les “UAE 5”, ces cinq militants pro-démocratie condamnés pour avoir appelé le régime à faire des réformes, n'ont toujours pas récupéré leurs passeports depuis leur libération le 28 novembre 2011. Les charges n'ont toujours pas été abandonnées, comme ils en avaient fait la demande après avoir été graciés. La justice n'a pas donné suite aux plaintes qu'ils ont déposées contre des individus ayant orchestré une campagne de diffamation contre eux.

Les Emirats arabes unis sont classés “sous surveillance” dans le rapport 2012 des Ennemis d'Internet établi par Reporters sans frontières.

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