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Les autorités ont recours à la déportation pour étouffer la dissidence

GCHR

Un des militants connus sous l'appellation des « 5 des EAU », qui ont passé sept mois en prison l'an dernier après avoir affiché des déclarations anti-gouvernementales, serait sur le point d'être déporté aux îles Comores, un pays situé près de Madagascar où il n'est jamais allé, selon ce que rapportent Human Rights Watch et Reporters sans frontières (RSF).

Le 22 mai, les autorités ont détenu puis entamé des procédures de déportation contre Ahmed Abd al-Khaleq, un activiste connu pour ses campagnes de blogues en faveur des droits des résidents apatrides connus sous le nom de Biduns, indiquent les membres de l'IFEX.

D'après les membres, Al-Khaleq, lui-même Bidun, a subi des pressions des autorités des EAU pour qu'il fasse une demande de citoyenneté des îles Comores. C'était apparemment la première démarche nécessaire qu'il fallait accomplir pour devenir citoyen des EAU. Son arrestation est survenue au lendemain du jour où il a été informé que sa demande de citoyenneté comorienne avait été approuvée.

Les autorités des EAU n'ont fourni aucune explication quant à ses véritables allées et venues ni quant aux raisons de son arrestation et de sa possible déportation, dit Human Rights Watch.

« Au lieu d'apporter une solution au sort d'Ahmed Abd al-Khaleq et de milliers d'autres résidents apatrides, les autorités des EAU ont exercé des pressions sur lui pour qu'il acquière une citoyenneté étrangère afin de l'expédier ailleurs  », dit Human Rights Watch. Les autorités des EAU doivent interrompre immédiatement toutes les démarches de déportation contre lui et le libérer de manière inconditionnelle. »

Le blogue d'Abd al-Khaleq, Emaraty Bedoon, héberge des vidéos et des déclarations qui mettent en lumière le sort des résidents apatrides.

En raison de leur statut d'apatrides, les Biduns se heurtent à de graves obstacles dans beaucoup de domaines comme l'accès aux soins de santé et à l'éducation, et beaucoup d'entre eux vivent dans la pauvreté. D'après Refugees International, leur nombre dans les EAU se situe entre 10 000 et 100 000.

Un grand nombre des Biduns vivant dans les EAU font remonter leurs origines aux tribus nomades qui autrefois se déplaçaient librement dans la région du Golfe ou qui sont devenus plus tard des immigrants vivant dans les EAU et qui ont omis de s'enregistrer pour avoir la nationalité lors de la création du pays en 1971, indique Human Rights Watch.

D'après Human Rights Watch, le réseau d'Al Jazeera rapportait en 2009 que le gouvernement des EAU a payé 200 millions de dollars US au gouvernement des Comores, l'équivalent à l'époque de 40 pour 100 du PIB du pays, pour offrir la citoyenneté aux résidents apatrides des EAU.

Al Jazeera a déclaré que des officiels des Comores avaient émis l'hypothèse que ceux qui la recevraient pourraient « ne jamais mettre les pieds dans les îles ». Les officiels des EAU n'ont pas confirmé l'existence d'un arrangement bilatéral.

Al-Khaleq fait partie d'un groupe d'activistes connus sous l'appellation des « 5 des EAU » qui avaient été emprisonnés d'avril à novembre 2011 pour avoir « insulté publiquement » les dirigeants du pays. Les hommes avaient été graciés pour des raisons restées nébuleuses.

Un autre membre des 5 des EAU, le blogueur Ahmed Mansour, a indiqué à l'IFEX qu'il ne lui est pas permis de travailler et qu'il n'a pas récupéré son passeport. Des cinq anciens détenus, seul l'universitaire Nasser bin-Ghaith travaille.

La dernière détention d'Al-Khaleq fait suite à une série d'arrestations de dissidents aux EAU. Au cours des derniers mois, les autorités ont détenu sans jugement 12 membres de l'Association de réforme et d'encadrement social (al-Islah), une association politique non violente qui défend une plus grande adhésion aux principes de l'islam.

Selon Human Rights Watch, six d'entre eux ont été arrêtés pour avoir refusé de tenter d'obtenir une autre citoyenneté après que le gouvernement eut prétendu avoir révoqué leur citoyenneté parce qu'ils représentaient une menace pour la sécurité nationale.

« Les autorités des EAU ont maintenant recours à la déportation et à la révocation de la citoyenneté pour réduire au silence les dissidents des EAU », dit Human Rights Watch. « Elles devraient mettre fin à cette pratique honteuse et respecter les droits des Émiratis à la liberté d'association et d'expression. »

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