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Le caméraman soudanais Sami Al-Haj dans un état de santé très critique

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières est très inquiète du sort de Sami Al-Haj, détenu à Guantanamo depuis juin 2002. Son avocat, dont les notes ont été censurées par les militaires lors de sa dernière visite sur la base militaire, a déclaré le 21 août 2007 que l'état de santé mentale et physique du caméraman soudanais s'était considérablement dégradé ces derniers jours. Il lui aurait fait part de ses craintes concernant sa survie en faisant référence à la mort de quatre prisonniers en un peu plus d'un an.

"Nous sommes très préoccupés par l'état de santé de Sami Al-Haj et nous condamnons fermement les représailles que lui et d'autres prisonniers subissent pour avoir choisi de mener une grève de la faim. Nous ne l'encourageons pas à poursuivre cet acte désespéré, mais les militaires américains n'ont pas le droit de le nourrir de force. Par ailleurs, il est inadmissible que le contenu des entretiens entre les avocats et leurs clients détenus à Guantanamo soit contrôlé et censuré. Nous espérons que Sami Al-Haj sera enfin relâché et que ses droits constitutionnels seront garantis", a déclaré l'organisation.

Clive Stafford Smith s'est rendu à Guantanamo début juillet pour voir son client, mais ses notes ne lui ont été rendues que la semaine du 13 août avec de nombreuses ratures. Dans un communiqué, il affirme que Sami Al-Haj souffre de problèmes intestinaux et qu'il a perdu dix-huit kilos depuis le début de sa grève de la faim en décembre 2006. Cette information a été démentie par un porte-parole de la base militaire, Rick Haupt qui a affirmé que le poids du prisonnier est "idéal".

L'avocat a également observé que l'état psychique de son client avait empiré. Lors de leur rencontre, le cameraman éprouvait des difficultés à se concentrer et à s'exprimer en anglais. Il se montre également très inquiet et est victime d'accès de paranoïa. Il craint de mourir si sa situation ne s'améliore pas.

"Sami Al-Haj ne demande qu'une chose, qu'on lui accorde un jugement équitable ou qu'on le libère", a déclaré Clive Stafford Smith dans un texte reçu par Reporters sans frontières. "Mais les militaires américains sont tout aussi déterminés à lui refuser ce droit. Lorsque je l'ai vu récemment, il était en mauvaise santé physique et mentale et il parlait de sa mort. Il est plus urgent que jamais qu'il soit remis en liberté".

Sami Al-Haj a déclaré à son avocat que les conditions d'incarcération avaient sensiblement empiré et que les gardiens s'en prennent régulièrement aux détenus en grève de la faim, par exemple en les attachant avec les chaînes les plus douloureuses. "Je n'ai jamais causé de problèmes aux miliaires, mais ils me punissent à longueur de temps", lui a-t-il déclaré.

Le caméraman a également décrit à Clive Stafford Smith comment des "infirmières" souvent inexpérimentées blessaient les prisonniers en les forçant à s'alimenter avec des tubes à gros diamètre qui touchent parfois les poumons.

De son côté, Rick Haupt a déclaré qu'aucun des détenus en grève de la faim n'était en danger de mort grâce aux "efforts" de l'équipe médicale. Mais selon Sami Al-Haj, les médecins sont inutiles et n'ont jamais accédé à aucune de ses demandes : "Nous faisons davantage confiance aux gardiens qu'aux médecins qui n'en ont rien à faire de notre santé". Depuis juin 2006, quatre prisonniers sont morts à Guantanamo suite à des grèves de la faim et à l'alimentation forcée.

Un journal soudanais a publié récemment un article annonçant que les autorités américaines avaient prévu de relâcher Sami Al-Haj prochainement, mais selon Clive Stafford Smith le gouvernement du Soudan aurait conseillé à la famille du caméraman de ne pas tenir compte de ces informations qui ne sont que des "rumeurs".

Assistant caméraman de la chaîne qatarie Al-Jazira, père d'un petit garçon, Sami Al-Haj, 38 ans, a été arrêté à la frontière de l'Afghanistan et du Pakistan par les forces de sécurité pakistanaises en décembre 2001 et remis six mois plus tard à l'armée américaine. Il n'a jamais fait l'objet de la moindre inculpation.

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