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UNE CHAMPIONNE DES DROITS DE LA PERSONNE EST LIBÉRÉE APRÈS AVOIR INTERJETÉ APPEL

Au moment où le « Communiqué » allait sous presse, une journaliste ouzbek et championne des droits de la personne était libérée après qu'un tribunal d'appel eut commué sa peine de prison en une condamnation avec sursis.

La semaine dernière, Umida Niazova, qui était traductrice pour Human Rights Watch au moment de son arrestation, était condamnée à sept ans de prison au terme d'un « procès inique » pour avoir introduit clandestinement de la documentation extrémiste, avoir franchi illégalement la frontière et avoir créé et distribué des documents qui menacent la sécurité publique, indiquent ARTICLE 19, Human Rights Watch et Freedom House.

Mais aujourd'hui, elle a reçu une peine de sept ans de prison avec sursis d'une cour d'appel, rapporte Radio Free Europe/Radio Liberty (RFE/RL). Niazova sera placée sous surveillance et devra se rapporter à la police pendant trois ans, dit RFE/RL.

« Nous sommes soulagés que notre collègue Umida Niyazova soit libre et qu'elle puisse retrouver sa famille », dit le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). « Mais nous sommes troublés par le fait que sa condamnation et son incarcération tout à fait sans fondement ont eu un effet dévastateur sur ce qui reste de la presse ouzbek. »

En décembre dernier, Niazova s'était vu confisquer son ordinateur et son passeport lorsqu'elle était passée du Kirghizistan en Ouzbékistan. La « documentation extrémiste » qu'elle avait en sa possession comprenait des entrevues avec des témoins du massacre d'Andijan du 13 mai 2005, lorsque les responsables ouzbeks ont tué des centaines de personnes qui participaient à une manifestation non violente dans la ville d'Andijan. Elle a été détenue le 22 janvier après avoir franchi la frontière entre le Kirghizistan et l'Ouzbékistan, dit Human Rights Watch.

Le procès de Niazova, d'abord prévu pour le 19 avril, a été reporté au 30 avril, où il s'est ouvert à trente minutes à peine d'avis au procureur de Niazova, sans aucun avertissement au public, et de plus fermé à la presse, dit Freedom House. Selon Human Rights Watch, le juge n'a pas accordé de temps ni à Niazova ni à ses témoins à décharge, pour répondre aux questions des équipes de la poursuite et de la défense, qui ont dû s'en tenir à des déclarations écrites.

D'après Human Rights Watch, la peine infligée à Niazova devrait forcer l'Union Européenne à faire de la libération des défenseurs des droits de la personne une nécessaire condition préalable à tout assouplissement des sanctions contre l'Ouzbékistan. Ces sanctions, instaurées en novembre 2005 en réponse au refus du gouvernement ouzbek de permettre la tenue d'une enquête indépendante sur le massacre d'Andijan, doivent être réexaminées à la réunion de l'UE du 14 mai.

Niazova était collaboratrice régulière à RFE/RL et à d'autres agences de nouvelles. Elle a aussi travaillé pour Freedom House et le Centre pour le journalisme en situations extrêmes (Center for Journalism in Extreme Situations, CJES).

Human Rights Watch rapporte également qu'une autre championne ouzbek de la défense des droits de la personne, Gulbahor Turaeva, a été condamnée le 24 avril à six ans de prison pour des motifs politiques pour avoir introduit dans le pays des ouvrages interdits du dirigeant d'opposition en exil Muhammed Solih. Treize autres défenseurs ouzbeks des droits de la personne sont détenus actuellement en Ouzbékistan, selon Human Rights Watch.

Consulter les sites suivants :
- Alertes de l'IFEX sur Niazova : http://tinyurl.com/2tt9ym
- CPJ, sur la libération de Niazova : http://tinyurl.com/2p6vaz
- Human Rights Watch, sur Niazova : http://tinyurl.com/37vxyz
- Human Rights Watch, sur tous les militants ouzbeks en détention :
http://hrw.org/campaigns/uzbekistan/portraits_0407.pdf
- ARTICLE 19, sur Niazova : http://tinyurl.com/34d2x6
- RFE/RL, sur la libération de Niazova : http://tinyurl.com/2tef2u
- Blogue « Free Umida » : http://tinyurl.com/38tmm8
(8 mai 2007)

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