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Deux journalistes agressés par des employés municipaux à Maracaibo; un reporter brièvement détenu à Barinas

(RSF/IFEX) - RSF s'inquiète de la recrudescence des cas d'agression de journalistes mettant en cause des dépositaires de l'autorité publique. Le 23 juillet 2008, Dayana Fernández et Luis Torres, respectivement journaliste et photographe au quotidien "La Verdad", ainsi que leur chauffeur, ont été agressés par des agents municipaux de Maracaibo (État deZulia, nord-ouest) alors qu'ils enquêtaient sur la pollution d'une décharge. Le 25 juillet, Dimas Medina, du quotidien "El Nacional", a été retenu par la police de l'aéroport de Barinas (État de Barinas, nord-ouest) qui lui a confisqué un document officiel concernant un vol dont a été victime un proche du président Hugo Chavez.

"Ces affaires ne sont malheureusement pas isolées. La presse pour être libre ne doit être soumise à aucune pression extérieure, et notamment politique. La dénonciation des fraudes et délits, même ceux mettant en cause un gouvernement ou ses représentants, fait partie de ses attributions. Les autorités doivent maintenant veiller à ce que la lumière soit faite sur les circonstances de ces agressions", a déclaré RSF.

Le 23 juillet, Dayana Fernández et son équipe ont été invités par Joemel Robles, secrétaire municipal à l'environnement, à couvrir une "opération importante de transfert des déchets vers l'extérieur de la ville" de Maraicaibo. Ils ont alors été agressés par des agents de la Fondation pour l'assainissement environnemental de la ville (Funsama). À leur arrivée à la décharge les journalistes ont constaté que des fonctionnaires travaillaient à l'évacuation des déchets pendant que d'autres continuaient à en déverser dans la zone. Des agents de la sécurité ont menacé les journalistes de ne pas les laisser partir avant qu'ils n'aient effacé les clichés qu'ils venaient de prendre. Comme les journalistes refusaient de s'exécuter, prêts de 80 agents municipaux ont encerclé leur véhicule, grimpé sur le toit et crevé ses pneus.

Le 25 juillet, Dimas Medina a été retenu par la Police politique du Venezuela (DISIP) alors qu'il s'apprêtait à prendre l'avion pour se rendre de Barinas à Caracas. Le journaliste affirme avoir été placé en détention parce qu'il était en possession d'un rapport de police rendant compte d'un vol d'articles de luxe commis au domicile de Cléber Chávez, neveu du président de la République. Medina a d'abord été interrogé puis transféré au quartier général de la police régionale de Barinas. Le document qui avait été transmis au journaliste par un avocat contenait une liste des biens volés à Chavez, parmi lesquels figuraient 10000 $US en espèce, divers joyaux et articles de luxe, ainsi que des devises vénézuéliennes. Dimas Medina estime que les autorités ne voulaient pas que soit divulguée publiquement la valeur des objets volés, afin d'empêcher qu'on fasse le lien avec les accusations de corruption qui pèsent sur les autorités de l'État de Barinas, gouverné par Hugo de los Reyes Chávez, le père du Président.

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