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Douze journalistes d'un groupe de presse privé agressés, un employé d'une fondation para-étatique arrêté

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontièrs prend acte des avancées rapides dans l'enquête sur l'agression, le 13 août 2009 à Caracas, de douze journalistes du groupe de presse privé Cadena Capriles. Gabriel Uzcátegui Beaumont, 28 ans, employé d'une fondation para-étatique, a été arrêté dans la soirée du 15 août et le parquet général de la République a annoncé neuf prochaines interpellations grâce aux témoignages des victimes ainsi qu'à des enregistrements et clichés des événements.

"Nous exprimons notre soutien aux rédactions de la Cadena Capriles. Le gouvernement a donné des gages réels de lutte contre l'impunité dans cette affaire comme il l'a fait avec l'arrestation de la militante Lina Ron, aussitôt après un assaut armé contre le siège de la chaîne privée Globovisión, le 3 août. Il est malheureusement à craindre que dans un contexte de polarisation médiatique toujours aussi extrême, alimenté par de nouvelles législations controversées et de récentes fermetures de médias, le gouvernement ne soit de plus en plus débordé par des militants extrémistes se réclamant de lui. La question des médias appelle plus que jamais un débat national, associant toutes les sensibilités", a déclaré Reporters sans frontières.

Employé par la Fondation Simón Rodríguez, Gabriel Uzcátegui Beaumont est soupçonné d'avoir participé à la violente agression de douze journalistes de la Cadena Capriles, dont huit ont été grièvement blessés. Octavio Hernández, Manuel Alejandro Álvarez, Gabriela Iribarren, Jesús Hurtado, Marco Ruíz, Usbaldo Arrieta, Fernando Peñalver, Marie Rondón, Greasi Bolaños, Glexis Pastran, César Batiz et Sergio Moreno González manifestaient pacifiquement contre certaines clauses de la nouvelle loi sur l'éducation lorsqu'ils ont été attaqués, en plein centre de Caracas, aux cris de "défenseurs de l'oligarchie". Le groupe Cadena Capriles compte notamment parmi ses titres le principal quotidien du pays, Ultimas Notícias.

Dans une allocution télévisée peu après l'arrestation de Gabriel Uzcátegui Beaumont, le président Hugo Chávez a condamné sans réserve cette attaque. Il avait également condamné les violences commises le 3 août contre la chaîne Globovisión, nettement critique à son égard et dont il fustige régulièrement le "terrorisme médiatique" à l'antenne.

Le nouvel arsenal législatif en matière de presse suscite de très fortes controverses. L'Assemblée nationale a récemment repoussé le vote d'une loi contre les délits médiatiques punissant les contrevenants de quatre ans de prison. Elle a en revanche approuvé, le 13 août, la loi sur l'éducation, qui reprend certaines dispositions du précédent projet de loi concernant les atteintes des médias à la "morale publique" ou à la "santé mentale".

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