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Le journaliste emprisonné Leocenis García annonce une grève de la faim, tandis que des radios sont suspendus

(RSF/IFEX) - Le 15 novembre 2011 - Accusé d'"incitation à la haine," "outrage à fonctionnaire" et "offense publique" depuis la publication d'une caricature polémique dans l'hebdomadaire Sexto Poder et en détention préventive depuis le 30 août dernier, Leocenis García observe une grève de la faim depuis une semaine. Son avocat a confirmé à Reporters sans frontières qu'il poursuivrait son jeûne jusqu'à l'abandon des charges pesant contre lui. La défense compte introduire un nouveau recours dans les jours à venir.

"Nous ne pouvons encourager Leocenis García à mettre sa santé, voire sa vie, en danger et nous l'invitons pour cette raison à cesser sa grève de la faim. Pour autant, nous dénonçons avec lui une procédure absurde et un usage abusif de la détention préventive contre un homme qui s'est rendu de lui-même à la justice. Le traitement infligé à Leocenis García méprise ouvertement les règles les plus élémentaires du droit, et notamment la présomption d'innocence qui s'applique à n'importe quel citoyen", a déclaré Reporters sans frontières.

L'organisation constate avec inquiétude aucun signe d'apaisement de la part du gouvernement, dans un contexte de polarisation toujours extrême, où des mesures de sanctions administratives ne concernent que des médias dont les choix éditoriaux ne correspondent pas à la ligne du Palais de Miraflores.

Ainsi, la Commission nationale de télécommunications (CONATEL), par le biais de l'article 182 de la Loi organique des Télécommunications, a ordonné la suspension de cinq radios de l'État de Zulia (ouest), Titán, Coquivacoa, Kalor, Romance et Machiques Stereo, et obtenu la confiscation, le 3 novembre, de leur matériel de diffusion pour "usage clandestin et illégal du spectre radioélectrique". José Ramón Socorro, propriétaire de la station Kalor a indiqué que des représentants de la Conatel, accompagnés de 50 agents de la garde nationale, ont fait irruption, ce jour-là, dans les locaux de la station alors "qu'à ce moment précis des programmes critiques sur la gestion du gouvernement étaient diffusés à l'antenne".

Luis Domingo Alvarez, directeur national d'information et d'opinion des circuits radio AM et FM Center, a récemment rappelé que la Conatel avait placé sous moratoire 250 radios, qui ne peuvent désormais plus émettre. Plus de mille autres, en attente de fréquences et déclarées illégales, pourraient bientôt suivre. Reporters sans frontières accueille avec vigilance le débat annoncé à l'Assemblée nationale sur la future "loi de communication pour pouvoir populaire". "L'intention est-elle de refonder réellement le paysage médiatique de façon équilibrée comme dans d'autres pays de la région ? Ou est-il question, en parlant de 'médias du pouvoir populaire', de qualifier ceux qui auraient droit à une fréquence en fonction de leur contenu éditorial ? Tout l'enjeu est là", a estimé Reporters sans frontières.

Enfin, la chaine d'informations privée Globovisión, frappée depuis le 18 octobre dernier d'une amende de 2 millions de dollars pour "apologie du délit" et "troubles à l'ordre public" en raison de sa couverture des mutineries survenues dans une prison en juin dernier, a annoncé le dépôt d'un nouveau recours auprès de la Cour administrative des contentieux dans les prochains jours. La somme compromet la survie du média.

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