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Un tribunal interdit aux médias de parler d'accusations de pollution de l'eau

Un tribunal vénézuélien a statué que la presse ne peut pas couvrir les questions de contamination de l'eau sans utiliser les informations approuvées par le gouvernement, selon ce que rapportent l'Institut pour la presse et la société (IPYS-Venezuela), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF).

Daniel Guédez, juge à la cour criminelle de la capitale, Caracas, a tranché le mois dernier : tous les reportages des médias sur la qualité des approvisionnements locaux en eau doivent s'appuyer sur un « rapport technique véridique soutenu par un organisme gouvernemental compétent », rapporte le CPJ.

Les reportages de ces dernières semaines se demandaient si les nappes d'eau situées autour de la capitale, qui fournissent l'eau à boire, étaient contaminées par des produits chimiques. Le gouvernement nie que l'eau soit polluée.

« Il s'agit dans les faits d'un bâillon sur une question de santé publique », dit Carlos Lauría, du CPJ. « Interdire aux médias vénézuéliens de parler de la qualité des approvisionnements en eau constitue un outrage. Les autorités doivent casser immédiatement cette décision. »

Le jugement a été rendu moins de 24 heures après que le Président Hugo Chávez eut demandé aux autorités judiciaires d'enquêter sur toute personne qui aurait fait part de son inquiétude sur la contamination possible de l'eau qui alimente les usines de traitement de l'eau dans certaines parties du centre du Venezuela et de Caracas.

D'après le CPJ, cependant, dans une entrevue donnée le jour où la décision a été rendue, la Procureure générale Luisa Ortega Díaz a souligné que cette décision n'avait aucun lien avec les déclarations du Président, et qu'elle faisait suite à une plainte formulée par trois citoyens qui avaient dit que la couverture de cette question par les médias semait la panique parmi la population.

« Les médias ont l'obligation d'informer fidèlement et ne peuvent pas susciter ce genre de peur dans la population », a déclaré Díaz.

RSF dénonce ce jugement. « Ce n'est rien d'autre qu'une censure politique », dit RSF dans une déclaration. « Quand les autorités s'énervent à cause d'une histoire comme celle-là, elles ont tendance à la qualifier de tentative pour “déstabiliser” l'ordre public. Le public est-il à ce point incapable de se faire sa propre opinion ? »

D'après le CPJ, le groupe local de défense de la libre expression Espacio Público a déclaré que, dans le passé, les autorités ont fait preuve d'un manque de coopération lorsqu'il était question du partage des rapports approuvés par le gouvernement. Après avoir tenté l'an dernier d'obtenir les résultats officiels des tests sur la qualité de l'eau, le groupe a reçu une lettre disant : « Tous les tests nécessaires ont été effectués... [et] l'eau dans la ville de Caracas est propre à la consommation humaine selon les paramètres établis par l'Organisation mondiale de la santé ».

Les membres de l'IFEX ont documenté de nombreux cas de la campagne de Chávez visant à étouffer les reportages critiques par des moyens réglementaires, judiciaires et législatifs. À sept mois des élections présidentielles, où Chávez sera contesté par le dirigeant de l'opposition Henrique Capriles, les médias vivent déjà un niveau de tension et de confrontation bien au-delà de ce qui est normal, dit RSF.

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