RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

Les dissidents sont frappés de lourdes peines de prison

La sécurité nationale sert d’excuse pour emprisonner les dissidents vietnamiens.
La sécurité nationale sert d’excuse pour emprisonner les dissidents vietnamiens.

via FJVN

Quatre blogueurs vietnamiens, cyber-dissidents et défenseurs des droits de la personne ont été condamnés le 20 janvier à un total de 33 ans de prison, selon ce que rapportent l'Alliance de la presse de l'Asie du Sud-Est (Southeast Asian Press Alliance, SEAPA), Reporters sans frontières (RSF) et ARTICLE 19. Le simulacre de procès des dissidents s'est déroulé sur fond de violations incessantes de la liberté de la presse et de la libre expression.

Le défenseur des droits de la personne Le Cong Dinh a été condamné à cinq ans de prison. Juriste défenseur des droits du travail, des militants de la démocratie et des blogueurs, Dinh s'est aussi prononcé en faveur du pluralisme politique et de la liberté d'expression, dit ARTICLE 19.

Les militants démocratiques Le Thang Long, Nguyen Tien Trung et Tran Huynh Duy Thuc ont été condamnés respectivement à cinq, sept et 16 ans de prison. Long s'est vu infliger deux ans d'assignation à domicile; Dinh et Trung ont été condamnés à trois ans d'assignation à domicile à l'expiration de leur peine de prison, tandis que Thuc a reçu cinq ans d'assignation à domicile.

Tous les quatre ont été reconnus coupables d'avoir « mis en danger la sécurité nationale » et d'avoir « organisé des campagnes en collusion avec des organisations réactionnaires basées à l'étranger », campagnes « destinées à renverser le gouvernement populaire... à l'aide de l'Internet », précise RSF. Dinh et Trung ont été contraints d'admettre avoir violé la loi et avoir été influencés par les valeurs occidentales, mais ont nié avoir eu l'intention de renverser le gouvernement. Thuc a refusé d'admettre la moindre culpabilité, dit RSF.

Des proches, des diplomates et des journalistes étrangers ont été empêchés d'accéder à la salle d'audience et ont dû regarder le procès sur un écran de télévision dans une salle adjacente, indiquent le Réseau libre des journalistes du Viêt-nam (Free Journalist Network in Vietnam, FJNV) et RSF. Au cours du procès, Thuc a demandé le révocation du jury parce qu'il était composé de membres du Parti communiste - le procès mettait en cause des membres présumés de l'opposition. Lors de son témoignage, il a également déclaré avoir été agressé physiquement et mentalement pendant les interrogatoires, et que la déclaration qu'il avait faite lui avait été extorquée, rapporte le FJNV. Le juge ne lui a pas permis de finir de présenter sa preuve. Chaque fois que les défendeurs prenaient la parole, leurs microphones s'éteignaient. Le tribunal en est arrivé à sa décision sans avoir examiné toute la preuve ni avoir écouté les objections soulevées par les défendeurs.

Le jour du procès, plusieurs blogueurs et autres dissidents ont été cueillis par la police de la sécurité et détenus pendant 14 heures, les téléphones mobiles ont été bloqués et d'éminents défenseurs des droits de la personne et militants de la démocratie ont été placés sous surveillance par des policiers en civil, rapporte le FJVN. Les médias indépendants, les blogues et les sites web ont aussi été fermés.

Trois autres cyberdissidents ont été condamnés le 19 janvier à des peines de trois et quatre ans de prison. Ce sont : le poète Pham Van Troi, l'ancien enseignant Vu Van Hung et le poète Tran Duc Thach.

Le Viêt-nam assume cette année la présidence de l'Association des nations de l'Asie du Sud-est (ANASE). Il déterminera en outre l'ordre du jour d'une nouvelle Commission inter-gouvernementale de l'ANASE sur les droits de la personne (AICHR). Mais il doit « démontrer sa sincérité, sa crédibilité et sa dignité », dit la SEAPA.

RSF presse « l'Union européenne de suspendre son dialogue sur les droits de la personne avec le Viêt-tnam jusqu'à ce que les militants soient remis en liberté » et que l'ANASE exprime sa préoccupation croissante à la suite des dernières sentences qui viennent d'être prononcées ».

ADDITIONAL INFORMATION
Alertes liées au même sujet sur ifex.org


Dernier Tweet :

Pedro Jaimes lleva tres meses detenido arbitrariamente en vergonzoso accionar del régimen venezolano… https://t.co/XhxZwDEXbv