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Les autorités écrasent la dissidence en ligne; des activistes sont détenus au secret

Dans une attaque en deux volets, les autorités vietnamiennes ont détenu, interrogé et parfois agressé physiquement au moins sept blogueurs indépendants au cours des deux derniers mois, menant simultanément une série de cyber-attaques insidieuses contre des sites web critiques à l'égard du gouvernement, selon ce que rapporte Human Rights Watch. Par ailleurs, les défenseurs des droits continuent de faire face à des procès bidons et à de lourdes peines de prison parce qu'ils organisent la défense des droits des travailleurs ou qu'ils appuient des groupes politiques d'opposition.

Le 8 mai, les autorités ont débranché le téléphone et l'Internet au domicile de Ha Si Phu, un des blogueurs dissidents les plus connus du Viêt-nam. Son blogue et son site web subissent régulièrement des cyber-attaques en 2010. Le 28 avril, Lu Thi Thu Trang, une activiste sur Internet liée au groupe pro-démocratique Bloc 8406, a été tabassée par des officiers de police devant son fils de 5 ans. Un autre blogueur a été détenu trois fois en avril, interrogé puis relâché.

Les cyber-attaques sont infligées aux Vietnamiens qui utilisent des ordinateurs. Partout à travers le monde, on infecte les ordinateurs de dizaines de milliers d'utilisateurs qui téléchargent des logiciels de clavier en vietnamien, dit un membre de l'équipe de sécurité de Google. « Ces appareils infectés sont utilisés autant pour espionner leurs propriétaires que pour les faire participer à des attaques consistant à distribuer des négations de services aux blogues qui contiennent des messages de dissidence politique. Plus précisément, ces attaques tentent d'étouffer l'opposition aux efforts d'exploitation des mines de bauxite au Viêt-nam, qui est une question grave et chargée sur le plan émotionnel dans le pays. »

Depuis septembre 2009, des dizaines de sites ont été attaqués, notamment des sites animés par des catholiques qui critiquent la confiscation par le gouvernement de propriétés de l'Église, des forums de discussion politique et des partis d'opposition, ainsi qu'un site environnemental qui milite contre l'exploitation de la bauxite.

Le gouvernement vietnamien gère le flux de l'information de nombreuses manières. Au cours des six derniers mois, le service en langue vietnamienne de la BBC et Facebook ont été bloqués. De plus, les propriétaires de café Internet sont tenus de prendre la photo d'identité des utilisateurs de l'Internet, de surveiller et d'entreposer les renseignements sur leurs activités en ligne, et de bloquer l'accès aux sites web interdits.

On ne tolère tout simplement pas l'expression d'opinions sur les droits de la personne ou quelque forme de dissidence, dit Human Rights Watch. Les défenseurs des droits Le Cong Dinh, Tran Huynh Duy Thuc et Le Thang Long ont été reconnus coupables en janvier 2010 d'avoir tenté de « renverser le gouvernement », parce qu'ils ont appuyé la formation d'un parti d'opposition, et condamnés à des peines de prison qui vont de cinq à seize ans. Tous les groupes politiques d'opposition sont interdits au Viêt-nam.

Trois autres activistes sont détenus au secret depuis leur arrestation en février. Doan Huy Chuong, Nguyen Hoang Quoc Hung et Do Thi Minh Hanh travaillaient à aider des travailleurs appauvris et des fermiers sans terre à obtenir des réparations du gouvernement.

« Les autorités carcérales vietnamiennes maltraitent et torturent systématiquement les détenus politiques pendant les interrogatoires afin de les amener à signer des aveux rédigés à l'avance et de dévoiler des informations sur d'autres activistes », dit Human Rights Watch.

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