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Dans l'industrie de l'édition propriété d'État, la censure règne, dit l'UIE

Éditer des livres et autres matériels au Viêt-nam est une « affaire complexe, opaque, parfois irrationnelle, et fortement bureaucratique », dit l'Union internationale des éditeurs (UIE) après le passage d'une mission dans le pays.

Dans la première revue des conditions d'édition qu'elle ait jamais réalisée au Viêt-nam, l'UIE a constaté que le mécanisme complexe de filtrage du gouvernement - qui inclut la nécessité d'enregistrer toutes les publications auprès des autorités, ce qui leur permet de modifier l'ouvrage et de fournir le produit fini à des « fins de vérification » - ce mécanisme « restreint gravement la liberté de publier ».

Les directeurs, rédacteurs en chef et sous-directeurs de toutes les maisons d'édition, par exemple, doivent recevoir l'approbation du gouvernement, ce qui donne amplement la possibilité d'exercer une censure préalable, dit l'UIE.

Ils sont tenus par la loi de s'assurer que les publications ne font aucune mention des grands sujets tabous, parmi lesquels on compte la propagande anti-gouvernementale et la « distorsion des faits historiques », dit l'UIE.

De plus, les livres devant être soumis aux autorités pour approbation avant distribution, on compte des centaines de cas de permis d'éditer qui sont révoqués après l'édition.

En plus de se faire censurer leur matériel, ceux qui contreviennent à la loi sont passibles d'amendes et même de peines de prison. Récemment, un livre de bandes dessinées sur de nouveaux proverbes vietnamiens a été interdit parce que le contenu a été jugé offensant, et les éditeurs ont été condamnés à plusieurs millions de dongs vietnamiens [1 million de dongs valent environ 48 $US], a conclu l'UIE.

D'après l'UIE, le monopole de l'État sur l'édition a forcé certains éditeurs à entrer dans la clandestinité. Il est illégal de vendre les livres qu'ils publient parce que « ces livres n'ont pas d'éditeur officiel, et ne sont pas passés par le processus de filtrage et de censure, mais aussi parce que l'éditeur n'a pas de permis d'exploitation commerciale », dit l'UIE. La distribution se fait au moyen d'un réseau de familles et d'amis qui s'étend à l'échelle du pays.

Le rapport de l'UIE offre une feuille de route faite de recommandations précises au gouvernement vietnamien pour qu'il s'oriente vers une plus grande liberté de publier, qui inclut « les très importantes premières étapes » consistant à « privatiser l'édition comme le gouvernement a fait dans les autres industries connexes », dit l'UIE.

Bien que le Viêt-nam affirme avoir réalisé d'importants progrès en matière de droits de la personne, les membres de l'IFEX se sont plaints d'« un flot incessant » de procès politiques et de l'arrestation de dizaines d'éditeurs, d'écrivains indépendants, de défenseurs de la démocratie, de critiques en ligne et de membres de groupes religieux non autorisés. Plus de 400 personnes sont actuellement en prison au Viêt-nam parce qu'elles ont exercé leurs droits fondamentaux, dit Human Rights Watch.

Dans une note de 13 pages adressée à l'UE, qui se trouvait à Hanoï au début du mois à l'occasion du premier dialogue annuel sur les droits de la personne, Human Rights Watch prie les membres de l'UE de prier instamment le Viêt-nam de libérer tous les prisonniers politiques et d'apporter des améliorations concrètes à la situation de la liberté d'expression, d'assemblée, d'association et de religion.

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