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Trois citoyens-journalistes vietnamiens condamnés à des peines de prison pour abus de libertés démocratiques

Cet article a été initialement publié sur rsf.org le 17 fevrier 2015.

Le 12 février 2015, le tribunal populaire de la province de Dong Nai (sud-est) a condamné les blogueurs Le Thi Phuong Anh, Pham Minh Vu et Do Nam Trung, à des peines de 12 à 18 mois de prison, en vertu de l'article 258 du code pénal, qui punit les "abus de libertés démocratiques". Reporters sans frontières (RSF) condamne ces verdicts iniques, rendus en violation de la liberté de l'information et d'expression.

Arrêtés le 15 mai 2014 alors qu'ils couvraient une manifestation anti-chinoise conduite par des ouvriers travaillant dans le forage pétrolier en mer orientale, Le Thi Phuong Anh, Pham Minh Vuet Do Nam Trung avaient été inculpés pour des publications sur des manifestations et des violations des eaux territoriales vietnamiennes sur leur compte Facebook. Ce problème donne régulièrement lieu à des critiques de la population à l'encontre de la politique du Parti communiste vietnamien jugé trop permissif avec le régime de Pékin. D'après le verdict, les trois blogueurs auraient utilisé leur compte afin de "disséminer des contenus (articles, photos) incitant et conduisant à des rassemblements anti-étatiques".

Un total de 157 messages publiés par les blogueurs ont été incriminés et jugés "insultants envers le prestige de l'Etat et du Parti communiste, portant atteinte à la confiance du peuple, en particulier des ouvriers, des étudiants et des jeunes, envers le Parti". Le Thi Phuong Anh, Pham Minh Vu et Do Nam Trung ont respectivement écopé d'une peine de 12, 18 et 14 mois d'emprisonnement.

"Nous condamnons fortement le verdict prononcé par la cour et demandons la libération immédiate des citoyens-journalistes emprisonnés, déclare Benjamin Ismaïl, responsable du bureau Asie Pacifique de Reporters sans frontières. La dureté des peines indique que le Parti communiste vietnamien ne craint pas les conséquences à ses atteintes aux libertés fondamentales et aux droits de l'homme. Nous demandons à la communauté internationale de réagir afin de faire pression sur les autorités, et d'exiger la libération de tous les blogueurs et citoyens-journalistes emprisonnés dans le pays".

En plus de leur condamnation, les blogueurs se sont vus confisquer deux motos, plusieurs téléphones portables et de l'argent liquide. Cette condamnation s'inscrit dans le cadre d'un durcissement des autorités, qui invoquent régulièrement l'article 258 du code pénal afin d'emprisonner des acteurs de l'information.

C'est en vertu de cet article de loi, que la licence du journal Nguoi Cao Tuoi (Personnes âgées) a vu sa licence révoquée et que des poursuites ont été lancées, le 7 janvier 2015, à l'encontre du rédacteur en chef, Kim Quoc Hoa. Ce dernier qui pourrait perdre son poste, a par le passé publié sur des affaires de corruption impliquant des officiels de haut rang, qui lui ont valu d'être menacé par les plus hautes instances du pouvoir.

Le Vietnam, qui figure au 175ème rang sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse publié le 12 février dernier, a vu sa situation se dégrader en 2014.





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