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Journée mondiale de la liberté de la presse: Déclaration de la MFWA

Cette année, le thème de la commémoration de la journée, Les Médias, le Dialogue et l'Entente Mutuelle, est tout à fait approprié surtout pour les Etats de l'Afrique de l'Ouest.

(MFWA/IFEX) - Accra, le 30 avril 2009

Le premier principe d'une société libre est le flot sans contraintes de mots dans un forum ouvert - Stevenson, Adlai E.

Cette année, le thème de la commémoration de la journée, Les Médias, le Dialogue et l'Entente Mutuelle, est tout à fait approprié surtout pour les Etats de l'Afrique de l'Ouest. Il n'existe pas d'alternative au dialogue pour l'entente mutuelle, et la Fondation pour les Médias en Afrique de l'Ouest (MFWA) est persuadée que les médias jouent un rôle essentiel à la promotion du dialogue parce que quand ils opèrent dans des conditions optimales, ils fournissent une plateforme pour la réflexion sur les questions qui touchent la société. Au Niger et au Mali, pays qui sont dévastés par le conflit et où des groupes de rebelles se battent, les médias ont joué un rôle indiscutable dans la consolidation du dialogue et de la réconciliation.

Selon les observations de la MFWA sur la scène médiatique en Afrique de l'Ouest pour 2008 et le premier trimestre de 2009 (janvier-avril), le Cap Vert pourrait être considéré comme le havre de la sous-région en ce qui concerne la liberté de la presse. C'est le seul pays où les médias ont été complètement libres de vaquer à leurs occupations sans qu'aucun obstacle de la part du gouvernement ou des acteurs non-étatiques ne soit signalé. C'est également le seul pays où aucune affaire de diffamation civile ou criminelle n'a été signalée et où la constitution protège les sources d'information des journalistes.

La grâce de l'Etat accordée à El Malick Seck, le 24 avril 2009, par Son Excellence le Président Abdoulaye Wade du Sénégal était un exemple encourageant de la manière dont les gouvernements peuvent promouvoir la démocratie et la bonne gouvernance en tolérant la liberté des médias, en particulier, et la libre expression, en général.

La situation des violations de la liberté en Afrique de l'Ouest, suivant les observations de la MFWA, montre que la majorité des pays de la sous-région continuent à démontrer de l'intolérance envers les médias.

Au total, 22 incidents ont été signalés et diffusés au cours du premier trimestre (janvier - avril). Les arrestations et les détentions ont été à la tête de la liste avec six cas, suivi de quatre actes d'agression, de trois menaces et de trois suspensions et retraits de licence. La Gambie s'est retrouvée en tête de la liste des violations avec six cas dont trois arrestations, deux actes d'agression et une seule inculpation de diffamation. La Mauritanie s'est retrouvée en deuxième position avec trois cas d'arrestation et de détention. A la fin du mois d'avril 2009, neuf alertes supplémentaires ont été lancés, ce qui porte le nombre total à 31. Les arrestations et les détentions ont continué à rester en tête en passant de six à dix cas, tandis que les actes d'agression sont passés de quatre à six. Deux cas de censure ont été signalés en avril. L'inculpation principale portée à l'encontre des journalistes était "publication et diffusion de fausses informations". Dans la majorité des cas, la République était le plaignant et les journalistes inculpés de diffamation ont été condamnés à des termes de prison ou à des amendes exorbitantes.

Parmi le nombre de cas qui demeurent en suspens figure ceux de Chief Ebrima Manneh, de Deyda Hydara, de Moussa Saidykhan et de Lamin Fatty pour la Gambie; de Harry Yansanneh pour la Sierra Léone; et, enfin, de Moussa Kaka et de Boussada Ben Ali pour le Niger.

Comme le monde entier commémore la journée de la liberté de la presse, la MFWA tient à souligner le fait que les critiques lancées à l'encontre du gouvernement et le recours au dialogue constituent des éléments essentiels à la réussite de tout processus démocratique, tandis que la répression des médias fait obstacle à la liberté du débat sur des questions critiques d'intérêt public.

La MFWA profite de cette occasion pour faire comprendre aux pays africains qui continuent à réprimer la libre expression que les tyrannies dépendent de l'ignorance massive et que les meilleurs gouvernements sont ceux qui tolèrent les opinions divergentes et créent un environnement favorable au dialogue. Les médias qui ne restent pas dans la juste mesure doivent savoir, eux aussi, que leurs actions sont désobligeantes et portent atteinte à la déontologie de la profession. Félicitations à toutes les organisations de défense des droits humains, aux partis politiques et leurs dirigeants qui tiennent la démocratie à coeur et qui, au fil des années, se sont faits les champions de la liberté des médias et de la promotion de la bonne gouvernance en général.

Emis par la MFWA à Accra, le 30 avril 2009

La MFWA est une ONG indépendante régionale à but non lucratif basée à Accra. Etablie en 1997, elle a pour objectif de défendre et promouvoir les droits et libertés de media et toute forme d'expression.

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