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Des journalistes de la chaîne satellitaire Al-Arabiya empêchés de rendre compte de mouvements sociaux

(RSF/IFEX) - RSF demande aux autorités yéménites de mettre un terme au harcèlement subi par les journalistes de la chaîne satellitaire Al-Arabiya. En moins d'un moins, deux d'entre eux ont été interpellés après avoir couvert des manifestations anti-gouvernement.

"Ce n'est pas la première fois que des journalistes qui tentent de rendre compte du mécontentement de la population sont empêchés par les forces de l'ordre de faire leur travail. Les autorités de Sanaa s'en prennent à la presse pour étouffer les accusations de corruption et les revendications des manifestants en colère. Ces incidents confirment que la situation de la liberté de la presse ne cesse de se détériorer au Yémen où les journalistes subissent les abus de la police", a déclaré l'organisation.

Le 18 novembre 2007, le journaliste Hammoud Mounasser, d'Al-Arabiya, a été interpellé et interrogé pendant une heure et demie à un barrage sur la route reliant Sanaa à Khamer (à 80 km de la capitale), où s'étaient réunis près de 10 000 manifestants pour protester contre la politique économique du gouvernement et le manque d'infrastructures. Le correspondant de la chaîne s'est vu saisir ses cassettes vidéo.

Contacté par Reporters sans frontières, Hammoud Mounasser a dénoncé "l'hypersensibilité des autorités envers les journalistes de télévision". Il a affirmé avoir subi de nombreuses pressions des services de sécurité en marge de sa couverture des mouvements sociaux. "Ils ont menacé de fermer nos bureaux à Sanaa si l'on diffusait nos reportages", a ajouté le correspondant d'Al-Arabiya.

Le 30 octobre, Moujib Moussaileh, cameraman de la chaîne, avait été interpellé par les forces de police et placé en garde à vue pendant deux heures après avoir couvert une grève menée par les ouvriers d'une usine de textiles à Sanaa.

Depuis 2003, pas moins de quatorze enregistrements de reporters d'Al-Arabiya ont été confisqués. En 2005, des journalistes de plusieurs médias avaient été arrêtés et brutalisés par les forces de l'ordre après avoir couvert des manifestations contre l'augmentation du prix de l'essence.

Le Yémen occupe la 143e place sur 169 du classement mondial de la liberté de la presse, établi par Reporters sans frontières en octobre 2007.

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