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La répression des militants sert d'excuse pour étouffer la libre expression

Des réporters yéménites ont été arrêtés lors du siège des bureaux d’un journal par l’armée.
Des réporters yéménites ont été arrêtés lors du siège des bureaux d’un journal par l’armée.

via IPI

Un journal indépendant critique des politiques du gouvernement yéménite a été assiégé par l'armée la semaine dernière et ses rédacteurs arrêtés, selon ce que rapportent les membres de l'IFEX. La féroce répression exercée par le Yémen contre les militants sert d'excuse pour étouffer la liberté des médias, disent l'Institut international de la presse (IIP) et Reporters sans frontières (RSF).

Les autorités yéménites sont irritées par la couverture que le journal « Al Ayyam » a donnée aux affrontements entre le gouvernement et des groupes d'opposition au Sud- Yémen.

Le 4 janvier, les forces de sécurité ont encerclé le bureau du journal « Al Ayyam » où les journalistes manifestaient contre l'interdiction du journal décrétée en mai dernier et contre d'autres violations de la liberté de la presse, rapportent RSF, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et le Syndicat des journalistes du Yémen (Yemeni Journalists Syndicate, YJS), affilié à la Fédération internationale des journalistes (FIJ).

La police a dispersé brutalement la foule des manifestants, composée de journalistes, d'activistes et de politiciens d'opposition. Le rédacteur Hisham Bashraheel a déclaré à RSF : « Les forces de sécurité ont commencé à tirer dans la foule à 16 h 07 (heure locale). La police a même visé l'un des leurs pour faire comme si les manifestants étaient armés, alors qu'en fait tout le monde était venu protester de manière non violente. » Deux personnes ont été tuées et au moins neuf autres blessées, rapporte le CPJ.

Le troisième jour du siège, les forces de sécurité ont arrêté le rédacteur en chef et son fils, Hani Bashraheel, directeur et rédacteur, ainsi qu'un autre fils. On les a conduits par avion dans la capitale, Sana'a. Les accusations portées contre eux n'ont pas été rendues publiques.

« 'Al-Ayyam' est l'un des rares journaux au Yémen qui possède sa propre imprimerie », et le gouvernement ne peut contrôler sa publication, fait remarquer l'IIP. « L'indépendance du journal, de même que le fait qu'il s'agit d'une voix du sud, est à la base des pressions exercées par le gouvernement », dit l'IIP. Le sentiment séparatiste dans les régions appauvries du sud du Yémen alimente depuis avril 2009 une poussée de la violence.

En mai dernier, le gouvernement yéménite a lancé plusieurs attaques contre la presse : des journaux sont interdits, des journalistes détenus et au moins un journaliste est porté disparu, rapporte le CPJ. Les employés d'« Al-Ayyam » ont reçu des menaces de mort et le bureau a essuyé des tirs de la police en mai dernier.

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