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Le président recourt aux offensives militaires pour couvrir ses attaques contre les dissidents

Tandis que le gouvernement yéménite consolide ses appuis militaires de la communauté internationale pour combattre Al-Qaïda, ses assauts contre les journalistes se poursuivent.
Tandis que le gouvernement yéménite consolide ses appuis militaires de la communauté internationale pour combattre Al-Qaïda, ses assauts contre les journalistes se poursuivent.

via AFP

Les autorités yéménites adoptent de brutales actions de représailles contre les défenseurs des droits de la personne, les journalistes et les voix critiques des politiques du régime, indiquent les membres de l'IFEX. En réponse, 25 organisations arabes de défense des droits, dont l'Institut du Caire pour les études sur les droits de la personne (Cairo Institute for Human Rights Studies, CIHRS) et trois autres groupes membres de l'IFEX, viennent de rendre publique une déclaration conjointe qui appelle le gouvernement à mettre fin aux enlèvements, aux disparitions forcées, à la torture et aux arrestations arbitraires.

Le gouvernement vise les journalistes et les activistes qui dénoncent les violations des droits de la personne dans le pays, que ce soit dans le cadre de la guerre entre les rebelles et l'armée à Sa'ada dans le nord, ou en rapport avec le conflit qui se déroule dans le sud.

Le 31 janvier 2010, la famille de Muhammad al-Maqaleh, rédacteur en chef du site web de nouvelles « Aleshteraki », rattaché au Parti socialiste yéménite, d'opposition, a enfin eu des nouvelles de lui pour la première fois depuis son enlèvement à Sana'a en septembre dernier. Les journalistes au Yémen tiennent régulièrement des manifestations depuis sa disparition, survenue après qu'il eut publié un article critiquant les frappes aériennes qui ont tué 87 personnes et blessé une centaine d'autres à Sa'ada, selon ce que rapporte le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). C'est alors qu'il s'est « volatilisé sans laisser de traces dans le sinistre système carcéral du Yémen ». Il est toujours détenu sans jugement.

Selon le CPJ, al-Maqaleh est très faible, après avoir été gravement tabassé et laissé à lui-même pendant trois mois dans les mêmes vêtements souillés de sang.

La déclaration conjointe met en lumière le cas de Yasser al-Wazir, défenseur des droits, membre de l'Organisation yéménite pour la Défense des droits et des libertés démocratiques, condamné récemment à huit ans de prison. Al-Wazir a joué un rôle actif dans la documentation des violations des droits de la personne reliées à la guerre à Sa'ada. Enlevé il y a plus de 18 mois, détenu en un lieu secret et privé de toute visite de sa famille, on croit qu'il a été torturé. Après un procès bidon tenu à huis clos, les accusations portées contre lui comprennent notamment celle d'avoir constitué un groupe armé.

Lors d'un incident distinct survenu le mois dernier, deux journalistes ont été incarcérés par le Tribunal spécial pour Journalistes, connu pour « museler la presse et intimider les journalistes », rapporte ARTICLE 19. Le 17 janvier, Moaz Al-Ashihabi, journaliste au journal « Al Thaqafieh », a été condamné à un an de prison pour avoir écrit un article qui « porte atteinte à la foi musulmane ».

Et le 16 janvier, l'écrivaine Anisa Mohammed Ali Othman a été condamnée à trois mois de prison pour avoir écrit dans le journal « Al-Wasat » un article considéré comme offensant pour le président Ali Abdullah Saleh, selon ce que rapportent le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arab Network for Human Rights Information, ANHRI) et d'autres membres de l'IFEX. Elle était inculpée en réaction à des articles qu'elle a écrits en 2007 sur la corruption gouvernementale. Othman n'a pas été informée d'une date de comparution et a été jugée in absentia. Son rédacteur en chef, Jamal Amer, a été traîné devant le tribunal pour avoir publié son travail et condamné à une amende de 50 $US. (Amer a été lauréat en 2006 du Prix International de la liberté de la presse du CPJ.) Othman et Al-Ashihabi sont tous deux interdits de publier pendant un an.

« Le président peut faire tout ce qu'il veut au Yémen, mais ceux qui veulent exprimer une opinion et critiquer ce qui se passe ne le peuvent pas. Le soutien que les pays occidentaux donnent à ce gouvernement est inacceptable », a déclaré Othman à Reporters sans frontières (RSF).

Un groupe de dirigeants internationaux qui s'est réuni à Londres récemment s'est engagé à soutenir le gouvernement yéménite pour qu'il confronte les menaces venant d'Al-Qaïda au Yémen, rapporte le CPJ. Mais cette acceptation publique du régime va permettre au président Saleh d'accentuer ses attaques contre les dissidents. « La détention en cours de milliers de prisonniers politiques donne aux journalistes yéménites toutes les raisons de craindre pour leur sécurité. »

Le Comité yéménite pour la protection de la liberté d'opinion et d'expression (Committee to Protect Freedom of Opinion and Expression, CPFEO) vient de publier un rapport en janvier dans lequel il documente la détention de sept journalistes, indique le CPJ. Le CPFEO a documenté en 2009 plus de 140 violations de la liberté de la presse, dont des menaces de mort, des campagnes de diffamation contre les journalistes critiques et l'interdiction de journaux.

« Mes collègues et moi croyons fermement que la répression des médias et des manifestations non violentes sert les intérêts d'Al-Qaïda », a déclaré au CPJ Sami Ghaleb, rédacteur en chef de l'hebdomadaire indépendant « Al-Nida ». Ghaleb a été traduit cette semaine devant un tribunal en rapport avec la couverture par son journal des troubles qui se déroulent dans le sud.

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