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Une cascade d'affaires vise les médias yéménites

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières dénonce avec force la dégradation de la situation de la liberté de la presse au Yémen depuis le début du deuxième semestre 2009. "Ce qui se passe au Yémen aujourd'hui est très grave. La situation des médias empire de jour en jour. Les affaires se multiplient. Il est urgent que la communauté internationale intervienne", a déclaré l'organisation.

Al-Maqalih face à la justice

Le 18 avril 2010, le procès du journaliste Mohamed Al-Maqalih a été reporté. Ce rédacteur en chef du site d'informations du Parti socialiste d'opposition, Al-Eshteraki, est connu pour ses prises de position critiques à l'égard du gouvernement d'Ali Abdullah Saleh.

Mohamed Al-Maqalih a été enlevé par cinq hommes armés et masqués, dans la nuit au 17 au 18 septembre 2009, alors qu'il rentrait à son domicile à Sanaa. La semaine précédente, Mohamed Al-Maqalih avait posté sur le site du Parti un article dénonçant les tirs de l'aviation yéménite sur des civils, contraints de fuir la région de Saada où se déroulent d'intenses combats entre l'armée et la rébellion séparatiste zaïdiste.

Pendant près de quatre mois, les autorités ont nié avoir une quelconque responsabilité dans l'enlèvement du journaliste. Détenu au secret pendant plus de 100 jours, il a été présenté devant le procureur de la Cour pénale spéciale de Sanaa le 3 février 2010. Au cours de cette audience, il a déclaré avoir été torturé et privé de nourriture pendant plusieurs jours. Le journaliste a été admis le 24 mars dans un hôpital de Sanaa pour y recevoir des soins, avant d'être libéré le lendemain pour des "raisons humanitaires et de santé".

Son procès s'est ouvert le 17 avril 2010 à Sanaa, devant le tribunal de la sécurité de l'Etat, pour soutien aux Houthis et contact avec leur chef, Abdul-Malik Al-Houthi. Le 18 avril, il était jugé devant le tribunal spécialisé dans les délits de presse, créé en 2009, pour insulte au président de la République, suite à la publication d'un article d'opinion en 2005 dans le journal Al-Thaouri, sur la promesse du président Ali Abdallah Saleh de ne pas se présenter à l'élection présidentielle de 2006. Le même tribunal attend de juger l'ancien directeur de publication du journal Al-Thaouri, Khaled Suleiman, qui a demandé l'asile politique au Royaume-Uni il y a trois ans. Le 17 avril, devant le tribunal de première instance, Al-Maqalih a demandé au juge de se prononcer sur son enlèvement par des ravisseurs appartenant aux services de sécurité. Mais le juge a refusé d'enregistrer la plainte du journaliste, lui disant qu'il pouvait toujours porter plainte auprès de la Cour pénale des Nations unies. Le 18 avril, le juge a reporté le procès à une date indéterminée.

Des procès en cascades

Le 18 avril 2010, s'est ouvert à Lahij (nord d'Aden) le jugement en appel du journaliste Anis Ahmed Mansour Hamida, correspondant à Aden du journal Al-Ayyam. Il avait été condamné, le 15 juillet 2009, en première instance, à quatorze mois de prison ferme pour "atteinte à l'unité nationale" et "séparatisme", à l'issue d'un procès purement politique.

Le 18 avril, le journaliste Ahmad Al-Asdi, directeur de publication du journal Itijahat, et son adjoint Mahfouz Al-Ba'ithimi' ont été condamnés à des peines de prison avec sursis. Le ministère de l'Information avait porté plainte suite à la publication d'un article sur l'opposition saoudienne, dans le numéro 49/50 du journal.

Le 17 avril, le tribunal en charge de juger les affaires de presse et de publications a condamné Khaled Abdel Hadi, journaliste pour le site d'informations du Parti socialiste d'opposition, Al-Eshteraki, à une amende de 30 000 rials (10 000 rials à la trésorerie nationale et 20 000 pour le plaignant, soit 108 euros). Le journaliste avait publié un article, le 9 février 2009, sur un sit-in des habitants de la province de Lahij qui demandaient la démission du juge Abdelmalek Al-'Arshi.

Le 2 mai 2010 s'ouvrira le procès contre l'hebdomadaire Al-Nida. Shafi' Al-Abd, journaliste pour Al-Nida, arrêté le 24 décembre 2009 par la Sûreté nationale d'Aden, a été libéré le 27 janvier 2010 de la prison de Khor Maksar dans la province d'Aden. Le journaliste était accusé d'avoir formé un parti politique hostile à la "sécurité et à l'unité nationale". Ce procès fait suite à la plainte déposée en décembre 2009 par le ministre de l'Information, suite à la publication d'informations qualifiées de fausses et considérées comme incitant à la violence. Le rédacteur en chef Sami Ghaleb ainsi que trois autres journalistes (Abdel Aziz Al-Majidi, Mayfa' Abdel Rahman et Fouad Mas'ad) avaient été interrogés sur le mouvement Al-Herak et sur d'autres articles considérés, par le ministre, comme dangereux pour l'unité nationale et la démocratie.

Le 24 mai prochain s'ouvrira le procès de Fouad Rashid, directeur de publication du site Al-Mukalla Press, arrêté le 4 mai 2009, incarcéré à la prison centrale de Sanaa. Seront également jugés ce jour-là au cours de ce même procès le journaliste Salah Al-Saqladi et le militant Ahmed Al-Rabizi. Salah Al-Saqladi, directeur du site Adengulf-website, a été arrêté le 18 juin 2009 à son domicile à Aden. Interrogé par les services de renseignements à Aden, il a été transféré, le 22 juin, à la prison de sécurité à Sanaa où il avait été privé de la visite des militants des droits de l'homme et des représentants du Syndicat des journalistes, avant d'être transféré, le 17 février 2010, à la prison centrale de Sanaa, où il est actuellement en attente de son procès. Le militant Ahmed Al-Rabizi a été arrêté par les forces de sécurité à Aden le 12 mai 2009.

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