RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

La grâce présidentielle n'est pas absolue; des journalistes risquent toujours la prison

La prétendue grâce accordée par le Président du Yémen aux journalistes reconnus coupables ou qui subissent un procès pour délits de presse déconcerte la communauté des défenseurs de la libre expression, tandis que journalistes et médias continuent de se voir infliger des peines, selon ce que rapportent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et Reporters sans frontières (RSF).

Le Président Ali Abdullah Saleh aurait déclaré qu'il accorderait sa grâce aux journalistes pour marquer le 20e anniversaire de l'unification du Yémen, le 22 mai, rapportent RSF et le CPJ. Mais des sentences de trois mois de prison avec sursis ont été prononcées quelques jours à peine plus tard contre un rédacteur et quatre reporters de l'hebdomadaire « Al-Nidaa » pour avoir « publié de faux reportages susceptibles d'inciter à la violence ».

« Ces condamnations nous laissent confus, parce qu'il semblerait que ces journalistes sont concernés par la grâce du président Saleh », dit le CPJ. « Nous espérons et nous prévoyons que ces peines seront cassées. » Un groupe local, le Comité pour la protection de la liberté d'opinion et d'expression (Committee to Protect Freedom of Opinion and Expression), a fait part de ces mêmes inquiétudes.

Le procès des cinq journalistes a débuté en novembre 2009, après que le Ministre de l'Information eut ordonné la tenue d'une enquête sur six numéros du journal « Al Nidaa » consacrés à l'agitation sociale dans la partie méridionale du Yémen, dit le CPJ. Les accusés sont le rédacteur en chef Sami Ghaleb, les reporters Abdel Aziz al-Majidi, Fouad Mas'ad et Shafee' al-Abd, ainsi que le collaborateur Mayfa' Abdel Rahman al-Qiyadi.

Deux journalistes ont été relâchés depuis la déclaration d'amnistie de Saleh. Hussein Muhammad al-Leswas, qui s'était vu infliger une peine d'un an de prison le 2 mai, a été remis en liberté le 17 mai, selon RSF, et Hani Bashraheel, directeur et rédacteur en chef d'« Al-Ayaam », a été libéré le 10 mai, avant l'amnistie, indique le CPJ.

Par ailleurs, Mohamed Al-Maqalih, rédacteur en chef du site web de nouvelles « Al-Eshteraki », identifié au Parti socialiste, d'opposition, et critique du gouvernement du Président Saleh, a vu son procès être suspendu.

D'après le CPJ, les deux journalistes qui restent en prison, Fouad Rashid et Salah al-Saqldi, ont entrepris une grève de la faim le 19 mai à la Prison centrale de Sana'a pour protester contre leur incarcération.

Selon RSF, la décision du Président a été annoncée par le gouverneur Hammoud Khaled al-Soufi, dans la province de Taez, à l'occasion d'une cérémonie marquant l'anniversaire de la réunification. Celui-ci a déclaré que la grâce était accordée à la condition qu'ils « mettent leur plume au service de leur pays et (qu'ils) aident à consolider l'unité nationale ».

ADDITIONAL INFORMATION


Dernier Tweet :

Hong Kong journalists attacked and detained in China https://t.co/OFNO3B9nMI "We express strong indignation and lod… https://t.co/t22qNhhCgR