RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

Plusieurs journalistes violentés alors qu'ils couvraient une manifestation

(RSF/IFEX) - Le 4 septembre 2010 - Cela fait maintenant 20 jours que l'on est sans nouvelles du journaliste Abdul Ilah Haydar Shae et du caricaturiste Kamal Sharaf.

"Le silence des autorités sur le sort de ces deux journalistes arrêtés par les forces de l'ordre est inadmissible Nous exhortons le président de la République du Yémen, Ali Abdallah Saleh, à faire libérer ces deux professionnels de l'information. Au regard du droit international, ces détentions incommunicado peuvent être qualifiées de disparitions forcées. Par ailleurs, nous sommes particulièrement inquiets d'un regain de violence à l'encontre des journalistes de la part des représentants des forces de l'ordre", a déclaré Reporters sans frontières.

Employé au sein de l'agence de presse Saba, le journaliste spécialiste du réseau terroriste Al-Qaïda, Abdul Ilah Haydar Shae, a été arrêté par les forces de sécurité yéménites à son domicile le 16 août 2010, au moment de la rupture du jeûne. Après avoir encerclé sa maison, les policiers, lourdement armés et vêtus de gilets pare-balles, ont tiré des coups de sommation, avant de perquisitionner son domicile. Le journaliste a été frappé et insulté avant d'être emmené menotté. L'ensemble de ses documents personnels a été confisqué. Il avait déjà été arrêté le 11 juillet dernier par trois hommes et interrogé pendant six heures par les services de renseignements sur les déclarations qu'il avait faites sur la chaîne Al-Jazeera sur les activités d'Al-Qaïda au Yémen.

Kamal Sharaf, journaliste pour le site Al-Joumhouriya et caricaturiste pour le site Al-Barakish, a quant à lui été arrêté le 17 août 2010.

Le 26 août 2010, des soldats ont agressé des journalistes et des défenseurs des droits de l'homme, devant le bureau du procureur général, alors qu'ils faisaient un sit-in de solidarité avec Abdul Ilah Haydar Shae et Kamal Sharaf. Le journaliste de la chaîne Al-Hurra, Hassan Abd, a été tabassé après qu'il avait refusé de donner sa caméra aux soldats. Ils ont ensuite essayé de l'arrêter. La journaliste Nawal Kabassi a également été violentée lorsque les soldats ont essayé de lui confisquer son téléphone portable, car elle l'utilisait pour prendre des photos.

Une manifestation de soutien aux deux journalistes arrêtés a été organisée le mercredi 1er septembre par différentes organisations de défense des droits de l'homme devant le siège de la présidence de la République. Les journalistes et militants présents demandaient non seulement la libération des deux journalistes, mais également l'ouverture d'une enquête sur les violences commises par les forces de sécurité au moment de leur arrestation. Au cours du rassemblement, les forces de l'ordre ont interdit aux caméramen d'Al-Jazeera et d'Al-Hurra de filmer l'évènement, les menaçant d'ouvrir le feu. Elles ont procédé à sept interpellations.

Autres cas de violences contre les journalistes :

Le 31 août 2010, le correspondant du site Al-Sahwa net, Ali Hassan, et les journalistes Abdel Wassi' Rajih et Samir Nimr ont été agressés et insultés par un agent de sécurité du service des postes à Hajjah alors qu'ils étaient venus couvrir une manifestation d'employés des services postaux contre la mauvaise gestion des services. L'agent a sorti son arme de service et l'a pointé sur les journalistes. Il a également tenté de confisquer leur matériel professionnel. Le gouverneur de la province de Hajjah a annoncé l'ouverture d'une enquête.

Le 22 août dernier, des agents de la police militaire ont agressé physiquement le journaliste Abdel Hafez Mou'jib alors qu'il photographiait une intervention policière devant les locaux de l'organisation caritative Fondation économique, dans la province d'Al-Hudaydah (sud-ouest de la capitale).

Le 22 août dernier, au moins vingt-cinq journalistes ont été interpellés par l'armée à Harf Sufyan alors qu'ils avaient été invités par des leaders locaux à couvrir une conférence sur la paix à Saada. Conduits à Jebel Aswad, ils ont été relâchés quelques heures plus tard, sur ordre du chef de l'Etat, sans pour autant pouvoir se rendre à Saada pour la conférence.

Dernier Tweet :

Thread: 6 international #pressfreedom NGOs, including our members @RSF_en, @CPJ_Eurasia, @globalfreemedia &… https://t.co/bcRohAD1XU