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Les autorités libèrent les journalistes par crainte de troubles à la tunisienne

Des manifestants brandissent des portraits de la journaliste et activiste Tawakul Karman lors d’une manifestation à l’extérieur du bureau du Procureur général à Sana’a le 23 janvier
Des manifestants brandissent des portraits de la journaliste et activiste Tawakul Karman lors d’une manifestation à l’extérieur du bureau du Procureur général à Sana’a le 23 janvier

Reuters/Khaled Abdullah Ali Al Mahdi

Devant des manifestants en colère et la possibilité d'un soulèvement à la tunisienne, les autorités yéménites ont soudainement libéré un certain nombre de journalistes et de défenseurs des droits de la personne arrêtés au cours du week-end, selon ce que rapportent le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network for Human Right Information, ANHRI), Reporters sans frontières (RSF) et la Fédération internationale des journalistes (FIJ).

Tout comme en Algérie, en Égypte et dans d'autres pays inspirés par les troubles qui ont lieu en Tunisie, les Yéménites sont descendus dans la rue au cours des dernières semaines pour contester le régime du Président Ali Abdullah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans. Le Parlement a annoncé récemment qu'il envisageait de relâcher les règles concernant la limite du mandat du président, ce qui a soulevé chez les opposants la possibilité que Saleh puisse se nommer président à vie.

Le 23 janvier, la dirigeante de Femmes journalistes sans chaînes (Women Journalists Without Chains, WJWC) et apparemment leader des manifestations, Tawakul Karman, a été arrêtée par des policiers en civils et jetée en prison, disent les membres de l'IFEX. Inculpée d'« incitation au désordre et au chaos » et d'avoir organisé des manifestations et des marches non autorisées, Karman a été relâchée 30 heures plus tard à la condition de ne pas violer de nouveau « l'ordre public et la loi », indique RSF.

Pendant sa détention, des milliers de Yéménites ont participé à un sit-in à l'extérieur du bureau du Procureur public et ont exigé sa remise en liberté, de même que celle d'autres manifestants, selon ce que rapporte RSF.

Quelques heures après avoir été libérée, Karman est retournée participer aux manifestations et s'est promis de continuer à se battre pour le renversement de Saleh. « Nous allons continuer cette lutte et la Révolution de Jasmin jusqu'à l'élimination de ce système corrompu qui pille la richesse des Yéménites », a-t-elle déclaré devant une foule de près de 1 000 personnes rassemblées le 24 janvier, faisant allusion au soulèvement qui a expulsé le président tunisien Zine al Abidine Ben Ali au début du mois.

Un correspondant du journal « Al-Ittihad » des Émirats arabes unis, Aqil Al-Halali, a été arrêté brièvement le 24 janvier à Sana'a et interrogé parce qu'il couvrait une marche d'appui à Karman, dit RSF.

En plus des libérations, Saleh aurait offert de nombreuses concessions afin d'éviter une Révolution de Jasmin, disent les dépêches locales, depuis la réduction de moitié de l'impôt sur le revenu jusqu'à donner instruction à son gouvernement de contrôler les prix.

Dans une autre affaire, le journaliste yéménite bien connu Abdulelah Hider Shaea a été condamné à cinq ans de prison à cause de ses liens avec al-Qaïda, selon ce que rapportent l'ANHRI, RSF, la FIJ et d'autres membres de l'IFEX.

Shaea, qui apparaissait fréquemment sur Al-Jazeera à titre de commentateur, est détenu depuis le 16 août 2010, soit depuis qu'un groupe de soldats a fait irruption chez lui à Sana'a et a confisqué ses notes et son ordinateur. Depuis son arrestation, il est gardé en isolement cellulaire dans un centre de détention des services de renseignement à Sana'a.

Ayant acquis pendant sa carrière une expertise sur les groupes islamistes, dont al-Qaïda, il a été trouvé coupable d'« appartenance à une organisation armée illégale » et de « recrutement de jeunes gens, étrangers entre autres, pour le compte de l'organisation en communiquant avec eux par Internet », selon ce que rapportent les membres. Le tribunal a également statué qu'après sa remise en liberté Shaea allait être interdit pendant deux ans de quitter Sana'a.

D'après les dépêches, le Président Saleh est devenu un allié clé des États-Unis depuis que le Yémen est devenu une base de lancement des attaques d'al-Qaeda contre l'Occident dans la Péninsule arabique (l'aile locale d'al-Qaïda au Yémen). Mais en dépit de sa victoire aux élections de 1999 et de 2006, de nombreux Yéménites considèrent Saleh comme le dirigeant d'un gouvernement corrompu et comme un pantin du contre-terrorisme américain.

Shaea a refusé d'interjeter appel, accusant les tribunaux de collusion avec les forces de sécurité.

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