RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

Trente groupes membres de l'IFEX en appellent à Saleh pour qu'il mette fin aux violations de la libre expression

Trente groupes membres de l'IFEX se sont joints pour condamner les attaques contre les journalistes et la libre expression au Yémen, où un journaliste a été tué et des dizaines d'autres agressés depuis le début des troubles politiques en janvier.

Dans une lettre ouverte adressée au Président Ali Abdullah Saleh, les membres « invitent les autorités yéménites à faire cesser immédiatement toutes les attaques contre les médias et à assurer la protection et la sécurité des journalistes qui couvrent les événements dans le pays ».

Jamal al-Sharaabi, photojournaliste à l'hebdomadaire indépendant « Al‑Masdar », figure parmi les 52 personnes tuées par les forces de sécurité qui ont ouvert le feu dans une manifestation organisée à Sana'a le 18 mars contre le régime de Saleh, en place depuis 33 ans. De nouveaux témoignages rapportent que certains des hommes armés qui ont ouvert le feu étaient des tireurs embusqués. Plusieurs centaines de civils ont été blessés, dont un photojournaliste qui travaille pour le service en langue arabe de la BBC, dont on ne connaît pas le nom, selon ce que rapporte le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Saleh a proclamé l'état d'urgence quelques heures plus tard, ce qui a eu pour effet de suspendre la constitution, d'autoriser la censure des médias, d'interdire les protestations dans les rues et d'investir les forces de sécurité de pouvoirs étendus pour arrêter et détenir les suspects en dehors de toute procédure judiciaire, dit Human Rights Watch.

Le Syndicat des journalistes du Yémen (YJS) a documenté plus de 50 attaques contre des journalistes depuis le début des troubles politiques en janvier, notamment des enlèvements, des agressions, la confiscation d'équipement et des menaces de violence.

Abdel Ghani al-Shamiri, par exemple, ancien chef de la division des nouvelles à la télévision d'État du Yémen a été enlevé le 31 mars de son domicile de Sana'a par des agents de sécurité en civil, indiquent le YJS et Reporters sans frontières (RSF). Au début du mois dernier, al-Shamiri a abandonné ses fonctions au sein du parti au pouvoir et déclaré son appui au soulèvement populaire.

Al Jazira est particulièrement visée. Depuis le 24 mars, cette populaire chaîne d'information a reçu l'ordre de fermer ses portes et ses journalistes ont été dépouillés de leur accréditation. La station assure une couverture étendue du soulèvement. Sa fermeture est survenue deux jours après qu'une vingtaine environ d'hommes armés en civil eurent fait irruption au bureau d'Al Jazira à Sana'a et eurent confisqué de l'équipement tandis que la police regardait aller les choses sans intervenir. Les correspondants d'Al Jazira ont fait état de nombreuses menaces de mort et de violence physique contre eux et leurs familles; certains ont même été expulsés, rapporte le CPJ.

Le 23 mars, des partisans du gouvernement ont agressé un cameraman d'Al Jazira, Mujib al-Suwailah, et lui ont cassé un bras tandis qu'il filmait des manifestations à Taizz, troisième ville en importance du Yémen.

Les autorités ont en outre fait obstruction à la distribution d'un journal qui présentait une couverture des protestations, selon ce que disent les membres. Des exemplaires des éditions des 17 et 18 mars du journal « Akhbar Al-Yom » ont été saisis à l'aéroport de Sana'a afin de les empêcher de circuler dans le pays. Le 15 mars, les autorités ont empêché la distribution dans la capitale du dernier numéro du journal « Al-Oumana » d'Aden.

Human Rights Watch a documenté des agressions armées répétées commises par les forces de sécurité et certains partisans du gouvernement en civil contre des protestataires qui demandaient la démission de Saleh. Au moins 82 personnes ont été tuées et des centaines d'autres blessées pendant ces attaques, indiquent les recherches de Human Rights Watch. Le 4 avril, au moins six personnes ont été tuées lorsque les forces de sécurité ont fait feu sur une manifestation antigouvernementale à Taizz.

Dernier Tweet :

#Honduras: expresión social en la red bajo la mira https://t.co/j18rtFTyGu @derechosdigital @clibre @MP_Honduras… https://t.co/gtSu0xac9I