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Des manifestants sont tués, des centaines d'autres sont blessés et arrêtés; les médias sont attaqués dans les affrontements

Au moins 20 Yéménites ont été tués pendant que des centaines de soldats s'abattaient le 29 mai sur un camp de manifestants dans la ville méridionale de Taïz, ouvrant le feu sur les manifestants, incendiant de manière aveugle les tentes et détenant des centaines de personnes, selon ce que rapporte le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arab Network for Human Rights Information, ANHRI). Et au milieu de cette violence grandissante, tant les forces militaires loyales au Président Ali Abdullah Saleh que les hommes armés de l'opposition et des tribus visent les médias dans leurs échanges de tirs, rapportent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), la Fédération internationale des journalistes (FIJ) et l'Institut international de la presse (IIP).

La répression révèle que Saleh est déterminé à s'accrocher au pouvoir « en dépit des soulèvements, de l'intense pression internationale pour l'inciter à quitter ses fonctions et des défections de certains de ses alliés clés et de certains éléments de l'armée », rapporte le journal « The Guardian ». L'Institut du Caire pour les études sur les droits de la personne (Cairo Institute for Human Rights Studies, CIHRS) estime qu'au moins 50 personnes ont perdu la vie à Taïz. Les forces armées ont fait usage de tanks et de véhicules blindés et ont rasé des centaines de tentes, selon ce qu'indiquent les dépêches. Les forces de sécurité ont utilisé également un canon à eau, des gaz lacrymogènes et des bombes assourdissantes, tandis que l'on mettait le feu aux tentes à l'intérieur desquelles se trouvaient toujours des manifestants blessés. Trente-sept personnes blessées qui étaient traitées dans un hôpital de campagne ont été détenues, rapporte l'ANHRI. Des journalistes ont été détenus dans un hôtel tout près de là et des tireurs embusqués ont ouvert le feu sur les manifestants depuis le toit d'un immeuble, indiquent les dépêches.

« Les autorités yéménites ont utilisé une force brutale et excessive pour rester au pouvoir contre la volonté de la majorité des Yéménites. Elles ont cru, à tort, qu'elles avaient raison de défendre leur légitimité, alors qu'au contraire, plus elles accroissent leurs crimes contre les civils, plus elles perdent leur légitimité… en donnant l'ordre de tirer sur leur propre population », dit l'ANHRI.

Tandis que dans la capitale, Sana'a, les combats font rage cette semaine entre les troupes loyales à Saleh et des hommes armés qui appuient un influent chef tribal, au moins 41 personnes ont été tuées le 1er juin, selon les dépêches. Les affrontements de cette semaine ont déjà coûté la vie à 200 personnes. Les batailles ont éclaté après que Saleh eut refusé de signer une entente négociée par l'Arabie saoudite et d'autres États du Golfe lui demandant de quitter le pouvoir dans les 30 jours.

Par ailleurs, les journalistes sont aussi sous la menace tandis que des acteurs armés tentent de contrôler le discours entourant le conflit. Les combats ont commencé le 23 mai après que des éléments de l'armée et des individus, en civil et armés, fidèles à Saleh, eurent attaqué d'autres éléments de l'armée et des individus armés fidèles à l'influent chef tribal Sadiq al-Ahmar, qui a joint en mars les rangs de l'opposition. (Selon les médias appartenant à l'État, Al-Ahmar et des membres de la direction de la tribu sont accusés de « haute trahison et rébellion armée »). Deux jours plus tard, des hommes armés loyaux à Saleh ont ouvert le feu à la mitrailleuse et au mortier sur le diffuseur privé par satellite Suhail TV. La chaîne appartient à un membre de la famille al-Ahmar. L'attaque a détruit des ordinateurs, des caméras et des archives, et deux opérateurs de caméra ont été blessés. Le directeur de la photographie a été détenu par les forces de sécurité. Un animateur de la station a dit au CPJ qu'« un officiel sympathisant reliés à l'un des appareils de sécurité a indiqué aux employés de Suhail TV que des tireurs embusqués sur le toit des immeubles avoisinants avaient reçu l'ordre de tuer à vue les employés de Suhail TV ».

Lors d'un autre combat survenu la semaine dernière, des éléments loyaux à al-Ahmar et à l'opposition ont attaqué à la mitrailleuse et au lance-roquettes l'agence de nouvelles Saba, selon ce que rapportent la FIJ et le CPJ. Les médias appartenant à l'État ont rapporté que trois étages de l'immeuble abritant la chaîne Saba avaient été détruits et que deux journalistes avaient été blessés. Des journalistes locaux ont dit au CPJ que les hommes armés fidèles à al-Ahmar se sont emparés de l'immeuble de la Saba après que les tireurs du gouvernement installés sur les toits des immeubles aux alentours eurent continué à tirer sur l'enceinte d'al-Ahmar, de l'autre côté de la rue, qui abrite le quartier général de Suhail TV et de Al-Sahwa Net. L'attaque s'est poursuivie pendant plusieurs heures et n'a pris fin qu'après que le Syndicat des journalistes du Yémen (Yemeni Journalists Syndicate, YJS), affilié à la FIJ, fut intervenu et eut assuré les forces d'al-Ahmar qu'il n'y avait pas sur les lieux de soldats du gouvernement. Deux journalistes ont été blessés dans les échanges de tirs. Le YJS a organisé une marche de solidarité pour condamner l'attaque.

Le 21 mai, le rédacteur Hasaan Saeed Hasaan, qui était en formation, a été poignardé à plusieurs reprises après avoir refusé de permettre à un groupe d'hommes armés d'entrer dans les bureaux verrouillés d'« Al-Oula », un quotidien indépendant de Sana'a, selon ce que rapportent Reporters sans frontières (RSF) et le CPJ. Le YJS décrit l'incident comme une tentative d'assassinat dirigée contre le rédacteur en chef du quotidien, Mohammed Ayash, tandis que les assaillants ont frappé Hasaan à coups de poing et à coups de pied, qu'ils lui ont braqué une arme dans le visage et ont exigé qu'il les conduise au bureau d'Ayash. La tentative s'est produite à 3 heures du matin, et Hasaan a été sauvé par la police militaire qui a entendu ses appels à l'aide. En avril, un autre journaliste du personnel a été tabassé parce qu'il avait couvert à Taïz des manifestations d'hostilité au gouvernement.

Douze mille exemplaires d'« Al-Oula » ont été confisqués le 19 mai à un poste de contrôle du gouvernement, à l'entrée de la capitale. Récemment, d'autres quotidiens indépendants et d'opposition ont été saisis à divers postes de contrôle à travers le pays.

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