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Des dizaines de protestataires et un cameraman sont massacrés à Sana'a

Le cameraman Hassan al-Wadhaf est transporté vers une clinique de fortune après avoir été abattu par un tireur embusqué pendant qu’il filmait des affrontements à Sana’a
Le cameraman Hassan al-Wadhaf est transporté vers une clinique de fortune après avoir été abattu par un tireur embusqué pendant qu’il filmait des affrontements à Sana’a

Khaled Abdullah Ali Al Mahdi/REUTERS

La caméra de Hassan al-Wadhaf a saisi quelques-unes des manifestations les plus sanglantes qui ont fait des dizaines de victimes chez les protestataires au Yémen à la mi-septembre. Elle a également filmé l'attaque qui a entraîné sa mort. Al-Wadhaf a succombé le 24 septembre à l'hôpital après avoir été touché à la tête par un tireur embusqué pendant qu'il filmait les manifestants, selon ce que rapportent Reporters sans frontières (RSF) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Le tueur n'a pas été identifié.

Dans une manifestation qui s'est étendue sur plusieurs pâtés de maisons, à Sana'a, des miliciens, dont un grand nombre en civil, ont ouvert le feu sur la foule à la mitrailleuse et au lance-roquettes, rapportent le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network for Human Rights Information, ANHRI), Human Rights Watch et d'autres groupes membres de l'IFEX. Selon Reuters, environ 100 personnes ont été tuées dans les manifestations de Sana'a au cours des dix derniers jours. Human Rights Watch rapporte que les manifestants scandaient le slogan « C'est une manifestation pacifique » et n'avaient que des pierres pour se défendre contre les loyalistes de Saleh qui étaient, eux, lourdement armés.

Depuis janvier, des manifestations répétées demandent que le Président Ali Abdullah Saleh, au pouvoir depuis 33 ans, se retire pour laisser la place à une véritable démocratie électorale.

« La réponse [du Président Saleh], ç'a été de tuer, de détruire et de commettre encore plus de crimes, ce qui confirme la nécessité de renverser ce régime répressif afin d'éviter plus d'effusion de sang et même davantage de tension au Yémen », dit l'ANHRI, qui reproche aux autres dirigeants arabes leur négligence à condamner les attaques contre les civils.

Al-Wadhaf est le troisième journaliste à être tué dans les manifestations de la dernière année au Yémen. D'autres tentatives d'assassinat de journalistes ont eu lieu vendredi dernier. Les domiciles des journalistes Rashida al-Qiyali et Mujib al-Hamidi, qui travaillent au journal « Al-Sahwa », ont été la cibles de tirs tandis qu'Abdul Salam Mohamed, reporter à l'agence de nouvelles Saba, s'est fait tirer dessus par un tireur embusqué, qui l'a raté de peu, au moment où il sortait de chez lui, rapporte RSF.

L'ANHRI note que plusieurs sites web de nouvelles, dont le populaire et indépendant « Yemen Nation », ont été bloqués par les forces de sécurité pendant les manifestations, comme ce fut le cas lors du massacre des manifestants en mars dernier. De plus, les journaux sont confisqués à la frontière.

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