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Un troisième reporter enlevé en l'espace de 10 jours

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières exprime sa profonde inquiétude après l'enlèvement, le 13 décembre 2008, de Shadreck Manyere, photojournaliste indépendant, et la tentative d'enlèvement dont a été victime, le même jour, Obrian Rwafa, journaliste de la chaîne publique Zimbabwe Broadcasting Corporation (ZBC). Ces événements interviennent seulement dix jours après le kidnapping de la journaliste et militante des droits de l'homme, Jestina Mukoko, toujours portée disparue.

"Quels qu'en soient leurs auteurs, ces enlèvements visent très clairement à semer la terreur au sein de la profession, dont le travail d'enquête est plus que jamais indispensable, dans le contexte social, économique et sanitaire actuel. L'Etat doit tout mettre en oeuvre pour retrouver les auteurs et les commanditaires de ces kidnappings et les traduire en justice", a déclaré Reporters sans frontières.

Shadreck Manyere, dit "Saddam", photojournaliste free-lance, a été enlevé, le 13 décembre 2008, par un groupe d'hommes non identifiés. Il a été vu pour la dernière fois dans un garage automobile de Norton (40 km à l'ouest d'Harare). Selon des témoins, le journaliste aurait reçu un coup de téléphone d'un individu lui demandant un rendez-vous. Il aurait tout de suite accepté, donnant l'impression aux témoins qu'il connaissait son interlocuteur. Depuis, le téléphone de Shadreck Manyere est éteint, et sa famille demeure sans nouvelles de lui. Le lendemain de l'enlèvement, aux alentours de 10 heures, la femme du journaliste a déclaré avoir reçu la visite de la police qui aurait vandalisé le domicile familial.

Le 13 décembre, Obrian Rwafa, journaliste de la chaîne publique Zimbabwe Broadcasting Corporation (ZBC), a failli être enlevé devant son domicile par des individus non identifiés. Les kidnappeurs l'auraient accusé de mentir sur la situation du Zimbabwe. Le journaliste a été violemment frappé puis contraint de monter dans un véhicule blanc. Obrian Rwafa a indiqué avoir pu s'échapper en provoquant lui-même un accident. Il a dénoncé les motivations politiques de cette agression, ses assaillants n'ayant pas tenté de lui dérober ses objets personnels. Le journaliste se trouve actuellement à l'hôpital où il est soigné pour de multiples contusions, et notamment pour une blessure à la tête.

Par ailleurs, George Charamba, secrétaire permanent en charge de l'information et de la communication et porte-parole du président Robert Mugabe, a menacé à deux reprises, les 12 et 13 décembre 2008, de sanctionner les journalistes travaillant pour les médias étrangers, responsables, selon lui, d'une campagne de propagande à l'encontre du gouvernement. Dans une interview accordée, le 12 décembre, à la chaîne de télévision publique Zimbabwe Broadcasting Corporation (ZBC), il a accusé les bureaux locaux des médias étrangers d'avoir sorti de leur contexte les propos du chef de l'Etat affirmant que l'épidémie de choléra avait été arrêtée. Il a rappelé que la loi régulant la presse (Access to Information and Protection of Privacy Act - AIPPA) ne garantissait pas leurs accréditations.

Dès le lendemain, il aurait réitéré ses menaces dans une tribune, publiée dans le quotidien public "The Herald". Il y a dénoncé les manoeuvres des agences Reuters, AP et AFP et des chaînes de télévision France 24, BBC et Al-Jazira, qui utiliseraient les informations fournies par les journalistes locaux pour les "manipuler par la suite à des fins politiques". Le porte-parole a alors promis "une réponse forte".

Pour des informations complémentaires sur le cas Mukoko, cliquer ici: http://www.ifex.org/fr/content/view/full/99085

Pour des informations complémentaires sur le cas Rwafa, cliquer ici (anglais seulement): http://www.ifex.org/en/content/view/full/99361

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