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L'arrestation de journalistes soulève l'inquiétude

L’arrestation du journaliste Nqobani Ndlovu contraint les journalistes du Zimbabwe à lancer des appels en faveur de la libre expression
L’arrestation du journaliste Nqobani Ndlovu contraint les journalistes du Zimbabwe à lancer des appels en faveur de la libre expression

Une récente vague d'arrestations de journalistes au Zimbabwe a contraint l'Institut des médias d'Afrique australe (Media Institute of Southern Africa, MISA) et plus de 100 journalistes à demander au Premier ministre Morgan Tsvangirai de cesser de harceler les médias.

Selon le MISA, la demande constitue, entre autres, une réaction à l'arrestation de Nqobani Ndlovu, du journal « The Standard ». Ndlovu a été arrêté le 17 novembre à Bulawayo, détenu pendant neuf jours et mis en accusation à cause d'un article dans lequel il aurait fait des déclarations diffamatoires.

Au lieu de le laisser en liberté sous caution, les procureurs de l'État ont invoqué l'article 121 de la Loi sur la preuve et la procédure criminelle, qui autorise sa détention pendant encore sept jours. Selon les dépêches, l'article 121 sert habituellement à prévenir la remise en liberté des criminels dangereux, comme les pirates de la route et les auteurs de vols à main armée.

Les charges découlent d'une histoire de Ndlovu publiée le 14 novembre dans laquelle il était allégué que la police recrutait des vétérans de guerre fidèles au ZANU-PF, le parti du Président Robert Mugabe, pour occuper les postes supérieurs à la veille des élections de l'année prochaine.

Par ailleurs, Nevanji Madanhire, rédacteur en chef du « Standard », a été arrêté le 30 novembre et inculpé d'avoir publié des mensonges « préjudiciables à l'État ». Le délit peut entraîner une peine de 20 ans de prison ou une amende, au choix.

« Il semble que le Président Mugabe et ses partisans soient déterminés à ne plus respecter l'entente de partage du pouvoir aux termes de laquelle le gouvernement de coalition a été créé en février 2009. Robert Mugabe s'efforce d'affaiblir les voix critiques en harcelant les journalistes », dit Reporters sans frontières (RSF).

« L'arrestation de Nqobani Ndlovu est un coup très dur contre la restauration de la confiance au Zimbabwe en ce qui concerne la liberté de la presse et la liberté d'expression », a déclaré Trevor Ncube, président de Alpha Media Holdings - le groupe qui publie « The Standard », devant l'Association mondiale des journaux et des éditeurs de nouvelles (World Association of Newspapers and News Publishers, AMJ-IFRA).

« Nous ne sommes pas intimidés cependant, mais plutôt encouragés à continuer à informer le public d'une manière professionnelle et éthique », a ajouté Ncube.

Plus tôt, le 30 octobre, les journalistes pigistes Andrison Manyere et Nkosana Dhlamini ont été arrêtés tandis qu'ils couvraient le processus d'élaboration de la constitution à Harare.

Un mandat d'arrêt a également été lancé contre Wilf Mbanga, qui publie l'hebdomadaire « The Zimbabwean » depuis son exil au Royaume-Uni, à cause d'une histoire qui aurait « miné le Président Robert Mugabe ». Mbanga affirme que son journal n'a pas même publié l'article incriminé.

Les requérants disent que le gouvernement devrait prendre toutes les mesures nécessaires pour faire cesser « tout harcèlement, toute intimidation, détention illégale et toute criminalisation du travail des journalistes, des artisans des médias et des entreprises de médias ». Ils demandent en outre la transformation de la Zimbabwe Broadcasting Corporation en un véritable radiodiffuseur agissant à titre de service public.

On peut lire la lettre intégrale ici (en anglais)

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