RÉGIONS:

SUBSCRIBE:

Sign up for weekly updates

Des activistes sont arrêtés pour avoir regardé une vidéo sur les troubles au Moyen-Orient

Un militant du mouvement ouvrier, Munyaradzi Gwisai, compte parmi les activistes détenus par l’État zimbabwéen le 19 février et inculpé de trahison
Un militant du mouvement ouvrier, Munyaradzi Gwisai, compte parmi les activistes détenus par l’État zimbabwéen le 19 février et inculpé de trahison

Links International

La police du Zimbabwe a arrêté 46 personnes qui ont assisté à une assemblée pour discuter des soulèvements en Égypte et en Tunisie, quelques jours à peine après que le gouvernement eut menacé de réprimer toute dissidence inspirée des manifestations qui se sont déroulées dans les rues d'Afrique du Nord, selon ce que rapportent Human Rights Watch et l'Institut des médias d'Afrique australe (Media Institute for Southern Africa, MISA). Certaines d'entre elles ont été torturées en détention.

Des chefs syndicaux, des étudiants et des défenseurs des droits de la personne figuraient parmi les dizaines de personnes arrêtées le 19 février parce qu'elles auraient « subverti le gouvernement ». Ces personnes regardaient une vidéo montrant les soulèvements en Égypte et en Tunisie lorsque la police a fait irruption dans l'assemblée qui se déroulait à huis clos, a procédé à l'arrestation des activistes et a confisqué des ordinateurs et divers équipements.

Quarante-cinq des 46 activistes ont été formellement inculpés soit de trahison - passible de l'emprisonnement à vie ou de la peine de mort - soit de tentative de renversement du gouvernement par des moyens inconstitutionnels, délit passible de 20 ans de prison.

La violence politique s'envenime au Zimbabwe depuis quelques semaines, menée par des partisans du Président Robert Mugabe et de son parti, le Zanu-PF. Human Rights Watch affirme que les fidèles de Mugabe créent un climat d'intimidation à la veille des élections nationales proposées pour cette année, lorsque Mugabe devrait solliciter un nouveau mandat.

La tension est palpable entre le Zanu-PF et le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), qui partagent le pouvoir depuis deux ans, soit depuis les élections contestées et violentes de 2008. Ces derniers mois, des jeunes du ZANU-PF ont attaqué un grand nombre de personnes, surtout des partisans du MDC, à Harare et dans les quartiers périphériques. Les organisations locales de la société civile affirment que la police arrêtait les victimes de la violence - dont un grand nombre sont des membres du MDC - au lieu des auteurs des agressions, qui sont surtout des loyalistes de Mugabe.

D'après les dépêches, le ministre de la Défense Emmerson Munangagwa, l'un des alliés les plus puissants de Mugabe, a prévenu récemment que toute tentative pour imiter les événements en Égypte serait écrasée. Le mois dernier, cinq jeunes du principal parti d'opposition sont disparus après avoir, à ce qu'il paraît, célébré la chute du président égyptien Hosni Moubarak et avoir scandé que Mugabe devait être le prochain à tomber. Selon un reportage d'une radio du Zimbabwe, les cinq jeunes ont été enlevés par des inconnus soupçonnés d'appartenir à l'agence d'espionnage de Mugabe.

Le MISA appuie un appel à l'action de « Links International Journal of Socialist Renewal », d'envoyer des messages de protestation demandant que tous les chefs d'accusation soient abandonnés et que les activistes soient libérés.

On trouvera ici des exemples de déclarations de protestation, avec des précisions sur les autorités à qui les adresser

Dernier Tweet :

Officials blame WhatsApp for spike in mob killings, but Indians say vicious party politics are at fault… https://t.co/wnHzyWtmc1